Mot de l’auteur




Biographie de Mathieu Côté-DesjardinsHaut de la page

Je suis né le 10 septembre 1984 à Rimouski. J’ai obtenu un diplôme d’études collégiales (DEC) en arts et lettres volet langages médiatiques (photographie, infographie, cinéma) au Cégep de Rimouski. J’ai également obtenu un diplôme d’études universitaires (BAC) en enseignement primaire et éducation préscolaire de l’Université du Québec à Rimouski. J’enseigne depuis cinq ans à la CSDM à titre d’enseignant-suppléant.

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J’ai été éducateur en centre de la petite enfance et en service de garde. J’ai fait du cinéma amateur entre l’âge de 15 et de 20 ans. J’ai aussi fait beaucoup de bénévolat, de l’animation d’évènements, de la radio, du chant et donné une multitude d’ateliers de tous genres.

Parmi mes intérêts se retrouvent en tête de liste la création littéraire, le cinéma, la spiritualité, l’alimentation, l’environnement et, évidemment, l’éducation.


Dresser la table Haut de la page

Y aurait-il, plutôt que la grève, plutôt que de priver les élèves d’école, un moyen constructif pour protester contre ce qui se passe dans nos écoles ? Est-ce possible de poser un geste qui ne soit pas restrictif, qui n’impose rien à qui que ce soit, tout en faisant valoir nos demandes d’enseignant ?

Est-ce possible d’obtenir des résultats concrets à court terme plutôt que des promesses du gouvernement,
qui n’aboutissent jamais à rien ? Le projet LA DÉSÉDUCATION répond positivement à ces exigences.

De manière générale, les problèmes de l’éducation (je préfère nettement le terme « système scolaire » ou « système déséducatif ») ne sont abordés qu’en surface et ce qu’on en dit ne représente que 10 % de ce qui se passe vraiment dans cette sphère. Très souvent, les problèmes soulevés et les solutions proposées ne sont que des moyens de faire diversion et de dissimuler les vrais enjeux. Le 90 % restant est passé sous silence ou perçu comme allant de soi et rarement remis en question. Comment la population, les enseignants, les parents et les grands dirigeants perçoivent-ils l’éducation au Québec ?

On pourrait trouver un élément de réponse dans un exemple vécu en classe quotidiennement. Beaucoup d’enfants, en recevant un exercice à effectuer, vont spontanément remplir leur feuille même s’ils n’ont aucune compréhension du sens des questions. Ils vont répondre sans remettre en cause le sens de l’activité qu’ils s’apprêtent à faire, sans s’interroger sur ce qu’ils vont écrire ou sur la consigne demandée. De plus, souvent ils ne demanderont pas l’aide de leurs pairs, ni même celle de l’enseignant. Mieux vaut pour eux remplir les espaces, exécuter platement ce qui leur est demandé afin de donner l’illusion d’avoir appris.
On fait la même chose comme enseignant. On ne prend pas le temps de comprendre et d’exercer la profession de façon réflexive. On perpétue l’illusion que tout va bien et on apaise ainsi les inquiétudes qui pourraient surgir.

Nos voitures si bien conçues comportent toutes une petite lumière dans le tableau de bord. Elle clignote pour nous avertir, par exemple, qu’il n’y aura bientôt plus d’essence, qu’un changement d’huile doit être effectué ou qu’il y a un problème quelconque. Sa fonction est normalement préventive. Vous me voyez venir sans doute… Transposons cette merveilleuse fonction dans le système scolaire : les grands décideurs se demandent si la lumière n’est pas défectueuse, au lieu d’agir sur ce qu’elle signale.


Technique de « brassage »Haut de la page

À propos de moi on dira : « Le créateur de ce projet est un homme » ; « Il n’a pas d’enfant » ; « Il est jeune » ;
« Il commence à peine à enseigner »; « Il n’a pas de classe à lui » ; « Il n’a eu que très peu de contrats à un même endroit. » Toutes ces affirmations sont vraies.

Cependant, les protagonistes de ce projet sont, pour la plupart d’entre eux, plus vieux que moi, ont des diplômes ou des titres honorifiques. On y compte des femmes et des hommes, des notoriétés publiques, la plupart ont des enfants, ont écrit des livres, des articles, des thèses… Plusieurs affichent un curriculum vitae impressionnant, et ont (ou ont eu) comme professeur une classe à eux. Pour effectuer ce projet, j’ai filmé une centaine de personnes. Étrangement, malgré la différence d’âge et d’expérience, nous avons, ces gens et moi, à peu près le même discours sur l’école.

À travers mon travail de suppléant dans un bon nombre d’écoles, je ne peux écarter le fait que je rencontre en moyenne 10 000 enfants par année. Jusqu’à maintenant, j’ai eu l’occasion d’enseigner au niveau secondaire, dans toutes les spécialités que compte le primaire, au préscolaire et au niveau des adultes.

Voulant créer un projet à la fois crédible et sensible, je me suis assuré de traiter de questions ou de problèmes qui ne sont pas abstraits, mais qui sont vécus :

  1. Par moi-même ;
  2. Par les invités que j’ai rencontrés ;
  3. Par les témoignages de gens qui gravitent autour du système scolaire.

* De plus, il était primordial que tous ces gens proviennent de différentes régions du Québec. C’est pourquoi j’ai effectué des entrevues en Gaspésie, à Montréal, dans le Bas-St-Laurent, dans les Cantons de l’Est et à Québec.

** Pour constituer un échantillonnage représentatif, j’ai réalisé des entrevues avec des enseignants du préscolaire, du primaire, du secondaire, du cégep et de l’université.


Motivations Haut de la page

J’ai d’abord voulu créer ce projet pour sensibiliser la population et secouer le milieu de l’enseignement. Bien sûr, je désirais par le fait même toucher les vrais passionnés d’éducation et les amener à créer un mouvement qui pourrait nous amener encore plus loin. Notre culture a une tendance bien marquée à conclure rapidement que le problème, quand il y a problème, c’est le jeune. Nous aurions intérêt, cependant, à considérer, en contrepartie, tous les aspects qui gravitent autour de ce jeune.

Ce projet est le plus beau cadeau que je peux faire au Québec, en l’offrant aux jeunes.


Au moins 27 000 enseignants manquent à l’appel Haut de la page

Ma belle naïveté en a pris un coup ces dernières années. Mes idéaux de solidarité aussi. Si L’Alliance des professeures/professeurs de Montréal, ainsi que la Fédération autonome de l’enseignement m’ont gracieusement offert un espace sur leur site Internet et dans leur publication papier dans les premiers mois du démarrage de ce projet (en février 2008), peu, très peu de gens ont daigné retourner mes appels quand j’ai demandé leur participation.


Mes attentes Haut de la page

Mon projet se veut une sorte de hublot par lequel on pourra voir, de ma perspective bien sûr, une certaine réalité du Québec. Cette réalité sera plus évidente après la sortie des premiers épisodes. Vous verrez le degré de solidarité ou d’aversion que manifestent mes collègues enseignants, la société en général, envers l’éducation la réaction des grands noms de la société qui disent s’intéresser à l’éducation ou non, ceux qui logent dans les hautes sphères du pouvoir, mais surtout vous pourrez évaluer la volonté de chacun de véritablement faire changer les choses. Une perche leur est ici tendue. Le projet permettra de faire la distinction entre ceux et celles qui prétendent « aimer et être soucieux du sort des enfants » et ceux et celles qui s’en soucient vraiment. Aussi, vous découvrirez ce que le public pense viscéralement de la profession enseignante.

Même les enfants et les adolescents auront une tribune sur notre site. Ce sera le temps pour eux de prendre toute la place qui leur revient, non seulement pour témoigner contre la déséducation qu’on leur inflige, mais aussi pour démontrer ce qu’ils sont par l’action. Je suis très curieux de voir ce que les gens seront capables
de faire avec ce moyen qu’on leur met entre les mains…


Souvenirs pas si lointainsHaut de la page

Je me souviens d’une discussion avec Julius Grey à propos de mon projet. Après m’avoir écouté, il m’a dit :
« Si je comprends bien, vous voulez créer une révolution en éducation ? » Je lui ai répondu : « Rien de moins ! » En vérité, j’aurais dû lui répondre, « Je veux bien plus ! »

Le romancier américain Henry Miller a écrit : « Je suis contre les révolutions puisqu’elles impliquent un retour au statu quo. Je suis contre le statu quo autant avant qu’après une révolution [traduction libre] ». Je suis entièrement d’accord avec ces propos. C’est pourquoi je vous propose non une révolution, mais plutôt une prise de conscience de la situation actuelle. Vous verrez de quelle façon nous avons su être fidèles à cet engagement.

Le projet de LA DÉSÉDUCATION se veut un hymne à l’intelligence de tous et toutes, une grande salutation respectueuse des passionnés de l’éducation, hommes, femmes, jeunes et vieux, enseignants, enseignantes, professionnels de tous les secteurs du domaine.

Que vous soyez d’accord ou pas avec ce que mon documentaire révèle, j’aurai au moins réussi à ce qu’on ne tienne plus pour acquis notre système scolaire et que nous nous interrogions sur l’éducation que nous avons pourtant le pouvoir et le devoir de dispenser. Quand j’y pense, les mauvaises journées que j’ai vécues au cours de ces dernières années sont peu nombreuses. C’est surtout d’innombrables grands moments qui m’ont amené à faire ce projet.

Suis-je radical ? Anarchiste ? Je ne me considère pas de la sorte. Peut-être, percevez-vous les idées lancées comme neuves et incisives, mais pour moi, elles s’inscrivent tout simplement dans une suite logique.


En conclusionHaut de la page

C’est pour développer mon potentiel au maximum que j’ai décidé de faire ce projet. D’une autre perspective, je ne peux me restreindre à devenir un professionnel en DÉSÉDUCATION. L’intégrité, c’est une qualité vitale pour moi, aussi importante que ma capacité de m’émerveiller. L’obscurité n’est pas un habitat naturel pour moi, mais peut-être un moment de transition.

Il me semble que si on a le privilège d’enseigner, d’éduquer, on a aussi, en proportion, le devoir de se lever et de défendre ce qui nous semble juste pour les jeunes, jusqu’à perdre ou à quitter son emploi s’il le faut. Je dirais même que cela fait partie de ma description de tâche telle que je la vois. Je pourrais même arriver à justifier ce que je fais avec ce que l’on prescrit dans programme du MELS pour les jeunes! Il y a quelque chose de très romantique dans ce projet.

Je veux proposer une mise en abîme éducative pour que les gens puissent en évaluer la profondeur ; évaluer l’importance et la vastitude des dégâts, actuels et à venir, évaluer aussi le potentiel. Il est possible que cela génère une légitime désobéissance éducative et, indirectement, que cette mise en abîme provoque une
« réforme » : pas de haut en bas, mais du bas vers le haut.

Je ne tiens pas à ce que vous me fassiez confiance aveuglément. Je souhaiterais davantage vous démontrer que vous n’avez aucune raison de croire nos dirigeants quand ils vous parlent d’éducation, et que vous avez toutes les raisons de vous sentir écarté alors qu’avance la déséducation.

Je vous laisse sur les mots apparaissant dans un court documentaire sur une école que je respecte beaucoup,
Les Amanins (France) : « Quels enfants laisserons-nous à la planète ? Quelle planète laisserons-nous à nos enfants ? »

Mathieu Côté-Desjardins

 

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