L’inertie des profs

L’inertie des profs

D’où vient cette lassitude qui affecte de plus en plus d’enseignants ? Conformisme, incompétence et morosité deviennent des modèles bien établis pour les jeunes. Combien de temps tolérerons-nous cela ?

48 réponses à “L’inertie des profs”

  1. Hypatia
    21 novembre 2010 à 3:46

    Beaucoup trop des commentaires lus jusqu’ici (ceux suivant les deux premiers web-épisodes) me font penser à une foule de gens qui s’agitent ou courent dans tous les sens en agitant les bras. Le nombre de femmes qui ont écrit des commentaires reste minoritaire: ma curiosité passée, je commence à en comprendre la(les) raison(s). De plus, 1 fois sur 2 les affirmations des femmes interviewées ne correspondent pas à mon vécu, quand elles ne sont pas en opposition.
    Parmi les commentaires, certaines remarques sur le syndicalisme (négatives) montrent, juste par la tournure de phrases, une ignorance de leur fonction et de leur influence dans notre société. Même type de remarques (ignorance) pour la profession d’enseignant. En interview, Gilles Proulx est complètement à côté de ma coche quotidienne: devenir syndiqué amène à devenir démotivé? les enseignants: que des tenants du statu quo (en majorité)? Quelles bêtises!
    Après pris connaissance du contenu des 2 premières pages web-épisodes (y compris les commentaires) et avoir relu « La déséducation » sur la page d’accueil, je suis forcée d’admettre que je ne crois pas que la déséducation soit endémique au Québec. Avec tout ce que je vois autour de moi (mes collègues et mes étudiants au niveau collégial, technique et pré-universitaire), ce ne sont pas des jeunes privés d’une éducation authentique que je vois, ni qu’ils sont affectés par des conséquences irrémédiables de la déséducation. De ce que je connais de la grande majorité de mes collègues, nous sommes plus habitués à nous battre qu’à baisser les bras, même quand les chances de « gagner » sont contre nous, surtout pour une bonne cause. Ma perception est que le métier d’enseignant demande une qualité d’empathie difficilement compatible avec le laisser-faire.
    Le nombre de fonctionnaires qui conspirent réellement et sciemment pour instituer le conformisme (page d’accueil) chez nos futurs citoyens doit être relativement faible comparativement à ceux qui le font inconsciemment ou par insouciance, et ces derniers sont plus faciles à « combattre ». Et de toutes façons, M. Côté-Desjardins est la preuve que certains de nos jeunes sont capables de résister encore et toujours à un système qui voudrait les « déformer », ces résistants sont plus nombreux, dans mon quotidien, qu’il ne le perçoit. Certaines hormones plus actives à l’adolescence fournissent une assurance supplémentaire contre le conformisme. Rien ne m’a encore prouvé, après 2 web-épisodes (et leurs commentaires) que je me trompe et que la déséducation est la norme au Québec, ni même qu’on s’en approche.
    Lisez ou relisez « Décrochage scolaire – L’affaire de tous » proposé dans les nouvelles déséducatives et vous re-réaliserez que nous avons tous notre part de responsabilité, et un (des) rôle(s) à jouer, différent(s) pour les étudiants, les parents, les enseignants, les administrateurs d’écoles et les élus. Oui, même les étudiants ont plusieurs rôles à jouer, ce ne sont pas les marionnettes des adultes, ils doivent aussi apprendre à être eux-mêmes, personne ne le fera pour eux. Il y a bien des malaises, en Éducation, et certains laisser-aller dont tous les intervenants sont responsables à différents niveaux. Mais nous sommes encore loin d’être tombés au plus bas. Si M. Côté-Desjardins joue un rôle d’avocat du diable, il a réussi à me provoquer.
    Quant aux malaises, mes solutions commencent dans mes classes et mon école: ce sont les endroits (en dehors des élections) où j’ai le pouvoir d’agir. Je refuse qu’on puisse nous considérer comme inertes, ni qu’on considère que mon syndicat a de tels pouvoirs (corruption, démotivation) sur moi.
    Catégoriquement.
    J’ai les deux yeux grands ouverts.

    P.S. « Hypatia », c’est juste pour la métaphore.

    • anne-marie legault
      14 avril 2011 à 9:50

      Vos propos me rejoignent et me touchent beaucoup. Seulement le mot « déséducation» me donne la nausée. J’aime ma profession et qu’on vienne me dire que ce que je fais, c’est de la M… Non. Je crois sincèrement que la passion qui m’anime et que l’empathie que je mets de l’avant dans ma relation avec mes jeunes adultes sont deux ingrédients fondamentaux qui contribuent à mon bonheur d’enseigner…

      On dira ce qu’on voudra, mais aimer nos élèves pour ce qu’ils sont, pour l’élan à naître, pour ce qu’ils deviendront, demeure la pierre angulaire de l’enseignement.

      C’est une vocation, enseigner. C’est mon élan d’aider et d’éveiller le désir d’apprendre chez mes apprenants. Surtout que ceux qui me sont confiés ont goûté à la sauce des cheminements particuliers où cette voie d’évitement leur a donné, outre le sentiment qu’ils n’arriveront jamais rien, la désillusion pour dessert…

      Je les reçois avec amour et patience. J’essaie de comprendre l’impact du système d’éducation sur leur parcours et de voir comment je peux faire la différence dans leur différence…

      Enfin, pour revenir à vos propos, de vous lire m’a permis de me sentir moins seule à aimer l’enseignement, à aimer mes élèves et à espérer que, oui, c’est une maudite belle aventure que mon métier!!!

  2. Pierre Pelletier
    20 novembre 2010 à 9:30

    Si le syndicat se voit obliger par la loi de défendre les pommes pourries, il est surtout là pour défendre le 95% de bons profs qui doivent vivre souvent avec des décisions stupides des fonctionnaires du MELS et parfois avec des directions imbéciles ou tyranniques. Savez-vous que c’est le syndicat qui paye pour la semaine de l’école publique et non notre gouvernement dont ça devrait être le travail de valoriser ses enseignants ? Nous devons souvent nous battre contre la machine gouvernementale, mais elle est si rarement pointée du doigt par les Gilles Proulx de ce monde. C’est tellement plus facile de taper sur les profs et la seule défense qu’ils ont, c’est le syndicat.

  3. Catherine Tardif
    19 novembre 2010 à 10:30

    Bonjour, je suis une jeune enseignante décrocheuse. Et oui, après seulement 2 ans comme suppléante et contractuelle, j’ai levé mon chapeau. Pourquoi me demanderez-vous? Et bien, sachez que plusieurs que de mes anciens collègues de classe, me pose la même question. Non pas parce qu’ils sont surpris, mais parce qu’ils fraternisent eux aussi avec l’idée de changer de carrière. En effet, plusieurs mon contacter pour discuter de mes réflexions sur le sujet et de leur situation. Sans élaborer les raisons qui m’ont poussées à me réorienter et à mettre de côté quatre ans de ma vie, je vous dirai que les enseignants ont mal à leur profession. Il est plus que primordial de se poser la question: qu’est-ce qui ne fonctionne pas? Tant d’investissement perdus : financement des universités, main d’oeuvre qualifiée perdue…La société y perds sur toute la ligne. Le nombre de burn-out est effarant…le nombre de jeunes enseignants qui décrochent aussi, alors que le système fait face à une pénurie. Qu’attendons-nous comme société pour nous poser des questions et remettre en question le système actuel? À mon sens, c’est un problème de société: on demande au prof de pallier à des problèmes sur lesquels ils n’ont pas de prise. Il y a en effet des enseignants démotivés, comme dans toute entreprise, mais avant de leur jeter des pierres, il faudrait d’abord se demander pourquoi?

  4. Stefan Dailly
    17 novembre 2010 à 4:39

    Je suis enseignant, père d’élèves et Français (désolé!). Or, je constate que nous avons les mêmes problématiques de part et d’autre de l’océan, en tant que professeurs, parents et citoyens. A quoi sert l’école ? Pourquoi ça ne marche pas pour certains ? Est-ce la faute de… au choix : le système, la méthode pédagogique, les enseignants, les inspecteurs, les rythmes scolaires, les parents (si même votre Premier ministre le dit!), la société de consommation etc…?
    Dans cet épisode, plus qu’une attaque contre les enseignants et les syndicats, j’ai plutôt perçu un collage de tout ce qu’on sait pertinemment sur ce monde : l’incompétence de certains, la lassitude d’autres, la lourdeur d’un système qui empêche tout appel au secours quand on a l’impression que rien ne va, d’où cette ultime forme de résistance, la désobésissance individuelle, avec toutes ses limites. Peut-être aurais-tu pu aller un peu plus loin, rappeler tout ce que les profs doivent endurer, de la part des administrations, de certains élèves, parents ou quidams (ha, le fameux « chanceux, 2 mois de vacances »!), la remise en cause perpétuelle de votre compétence par tous ceux qui, sous prétexte qu’ils ont 2 ou 3 enfants, se pensent professionnels de l’enseignement… Il paraît que le « turn over » est élevé dans l’enseignement québécois, que beaucoup d’enseignants abandonnent dans les 5 premières années. Pourquoi ?
    Pour conclure, je ne crois pas que les enseignants soient le centre du problème. Si des incompétents ou des je-m’en-foutistes peuvent y faire leur trou, sans que leurs collègues leur sautent dessus ou provoquer une bronca générale, c’est bien parce que le système est déjà gravement atteint.
    En tout cas, bravo pour ton travail et merci de laisser un espace de liberté à ceux qui veulent que l’enseignement vive !

  5. Chrystian Barrière
    16 novembre 2010 à 6:03

    Je viens de regarder l’épisode 2, avec ses dénonciations à l’emporte-pièce contre les incompétents, les démotivés et les maudits syndicats. Franchement, que de mythes, colportés en plus par un collègue enseignant.
    Bien oui, les syndicats d’enseignants sont tellement puissants, n’est-ce pas? On le constate si clairement avec les gains extraordinaires dans les conventions collectives, dans les conditions d’emploi, les augmentations de salaire mirobolantes allouées aux enseignants!
    Je suis tanné d’entendre les mêmes propos de gens anti-syndicaux comme Dutrizac ou Gilles Proulx qui prétendent que les syndicats protègent les incompétents , voire bloque tout et favorise le statu quo. La très grande majorité des enseignants sont des gens qui sont très consciencieux, qui se dépensent sans compter, et les dispositions existent dans les conventions collectives pour traiter des cas d’enseignants qui ne font pas le travail. Encore faudrait-il que les directions d’école mettent leurs culottes et cessent d’accuser les syndicats pour leur propre inaction et manque de courage.
    Si des enseignants quittent la profession, décrochent, tombent malades, c’est sûrement à cause des syndicats, évidemment. Pas la faute des politiques gouvernementales de pénurie de moyens, pas la faute de l’intégration sauvage de plus en plus d’élèves HDAA dans les classes régulière, encore moins du constant alourdissement de la tâche.
    En ce moment, les vidéos que j’ai regardés ressemblent plus à de la désinformation réactionnaire qu’à quelque chose sur la déséducation…

  6. Gaston
    15 novembre 2010 à 7:15

    Enfin,
    Je regarde la série avec un immense plaisir, si on peut dire que le constat peut ammener un certain plaisir. En tout cas, plaisir de faire la réflexion sur un sujet très important. En tant que prof, lorsque je regarde ma classe, je me dis que j’ai entre mes mains l’avenir du Québec. Je ne veux pas former des personnes à mon image. Je veux former des citoyens autonomes en mesure de construire leur devenir.Quand je rentre dans ma classe, je ferme la porte, je deviens un communicateur, un allumeur de bougies. Je réfléchis sur l’ETRE en grande partie et un peu sur les savoirs cad le programme. Voilà

  7. Gilles Tremblay
    15 novembre 2010 à 12:21

    Le bon vieux discours facile : « C’est la faute des profs » « Ah les maudits syndicats ». Décidément, M. Dutrisac se range carrément à droite dans ce reportage. Avant de juger, il faudrait peut-être aller directement dans les classes et voir avec quoi les profs doivent se débattre, quelles sont leurs conditions. Bien sûr, en éducation comme parmi les journalistes et n’importe quelle profession, il y a des incompétents. Pourtant, là comme ailleurs, la majorité y met son coeur et son énergie que trop souvent on tue peu à peu par des remarques comme celles qu’on retrouve ici. Le rêgne de l’enfant roi a pris et prend encore beaucoup trop de place au Québec. Même une fois rendus à l’université, des parents appellent des professeurs pour les critiquer d’avoir oser mettre une « mauvaise note » à leur enfant-roi! Imaginez au primaire et au secondaire! C’est trop facile de tout mettre la faute sur le dos des profs et ainsi se déresponsabiliser.

  8. Jean-Philippe Lalanne
    14 novembre 2010 à 11:05

    Bon, voilà que je me sens indirectement impliqué dans ce message! Je suis professeur d’éducation physique, et j’ai déjà enseigné plus de 5 matières afin de faire ce que j’aime le plus..ENSEIGNER!

    Les professionnels qui étalent leurs opinions négatives, ils engendrent un message négatif et attirent le même effet. Il existe des professeurs qui ne croient pas à cette guerre contre la grosse machine, mais bûche et donne sans compter afin de produire de l’apprentissage dans leurs classe.

    Je me demande vraiment si cette (déséducation) va changer les façons d’agir de certains enseignants. Les solutions que proposent cette série web, bien hâte de les entendent.

    On dois créer notre propre richesse en se donnant des moyens selon notre milieu d’éducation!!

  9. Laura
    13 novembre 2010 à 7:22

    Voilà! C’est avec un enthousiasme énorme que je découvre ce projet. Il est à noter que je ne suis ni enseignante, ni éducatrice, ni orthopédagogue, ni sociologue ou intervenante spécialisée de quelque sorte dans le milieu éducatif…Mais, je suis une mère! Je ne relaterai pas mon expérience personnelle avec le système d’éducation au Québec ici, disons seulement qu’elle est peu positivie.

    Je suis franchement surprise par certaines des réactions défensives que je viens de lire. Encore plus surprise, voir fâchée, de constater que certains ont décidés de ne plus s’intéresser au projet après n’avoir visionné seulement deux de seize webisodes. Ces comportements ne constitueraient pas, justement, une preuve que ce documentaire a une raison d’être?

    En tant que parent, l’éducation de mon propre enfant, c’est MA responsabilité! Bien avant d’être celle des éducateurs. Je la prends à coeur et je m’y implique avec ardeur! Cependant, il ne va sans dire qu’ici, comme ailleurs, la société veut que les enfants soient confiés à des éducateurs dès la petite enfance. Rares sont les familles où les enfants ne sont pas pris en charge par le système d’éducation avant même de savoir marcher… Ca commence dans les services de garde, un milieu rendu institutionnel où les bébés apprennent « en masse » à se conformer au modèle. Le modèle correspondant aux besoins de l’adulte, bien sûr.

    « Les parents ne sont pas suffisamment impliqués! » dit-on.

    Par impliqués…. vous voulez dire, conformés?

  10. Diane
    13 novembre 2010 à 10:41

    Je suis déçue des deux premières capsules. Je trouve que c’est un ramassis de jugements et d’opinions non fondées. J’enseigne depuis 13 ans à la CSDM. J’ai toujours fait ce que j’ai voulu dans ma classe. Je fais de nouveaux projets tout au long de l’année. J’ai travaillé dans une dizaines d’école et je n’ai jamais vu personne discréditer une enseignante qui travaillait trop. Je travaille moi-même beaucoup plus d’heures et étant au primaire c’est la norme. Cependant, une direction m’a déjà dit que je ne faisais que 32 heures comme écrit dans ma convention. Ça c’est démotivant! Les directions d’école qui manquent souvent de respect aux enseignants. Ça c’est démotivant!
    On parle dans votre capsule du syndicat. J’aimerais apporter quelques nuances. Toutes les écoles où j’ai travaillé. Personne ne voulait être déléguée syndicale, encore cette année il n’y a personne. Nous sommes un milieu très peu ouvert au monde syndical. Je me suis mise déléguée syndicale une année parce que j’ai un haut sens de la justice et une enseignante m’a crié en pleine assemblée de sacrer mon camp de l’école. Alors pour ce qui est de la solidarité syndicale, on repassera.
    Notre syndicat vient de négocier une autre convention collective que nous, le syndicat de l’Alliance, avions voté contre. Notre syndicat nous dit qu’il n’a pas de poids, que le gouvernement ne veut rien savoir. Ça c’est démotivant! Ça fait 2 conventions qu’on se voit imposées. C’est long 10 ans sans réelle négociation.
    Toutes les semaines on entend des histoires de parents qui ont écrit une lettre, qui se mêle des décisions que prennent les enseignants et qui essaient de leur passer par dessus la tête. Il y a, dans notre société, une grande problématique de respect de la population en général envers les enseignants. Dans ma famille, je suis celle qui n’a pas réussi parce que je suis enseignante. C’est tout dire de la valeur qu’on accorde à ce métier.
    Malgré toutes les embûches si nous sommes encore des milliers à exercer notre profession ce n’est pas sûrement pas parce que nous sommes « INERTES ».

  11. Richard
    13 novembre 2010 à 12:17

    J’avoue avoir été franchement déçu de cet épisode… Je ne sais même pas si j’ai envie de le recommander à mes collègues tellement il n’apporte rien au débat.

    Une chance que Omar Aktouf y était, c’est lui qui sauve l’épisode!!!

  12. Clément
    12 novembre 2010 à 11:53

    L’inertie des profs….

    Je dois avouer que je me suis mis au neutre après une vingtaine année d’enseignement, après un changement à la direction de l’école, après des demandes extravagantes et incessantes du système.
    J’aime les enfants. J’apprécie leur spontanéité, leur franchise, leur « naïveté ».
    Je me suis mis au neutre, jusqu’à douter de la pertinence de poursuivre dans l’enseignement.
    J’étais prêt à tirer la « plug ». Pardonnez-moi l’expression !.
    Je me suis questionné sur le sens à donner à mes actions. Pourquoi après tant d’années à étudier, à investir ma vie, mon temps, mon argent dans l’enseignement je devrais continuer. Un sentiment de profonde frustration de ne pas être écouté, de ne jamais être à la hauteur, de travailler dans le vide m’avait envahi. Je vivais une perte de sens.

    J’ai obtenu mon poste d’enseignant au moment où le gouvernement a permis à ceux à et celles qui avaient le plus d’expérience de sortir, de partir ou de prendre une retraite bien mérité.
    À ce moment-là, j’avais 8 ans d’expérience.
    Qu’est-ce que nous entendions dans les médias… ces jeunes enseignants qui ne savent pas enseigner… Ces jeunes enseignants qui n’ont pas d’expérience… Décourageant! À l’école où j’enseignais à ce moment-là, la plupart des jeunes enseignants fraîchement embauchés avaient ni plus ni moins 5 ans d’expérience au minimum!
    Mais le discours dans les médias à cette époque était des plus pessimiste… alarmiste.

    Plus tard vint la réforme. Je distingue la réforme pédagogique de la réforme administrative. La première me permettait de m’investir davantage et me donnait une plus grande liberté au niveau de ma pédagogie. Elle me semblait enfin reconnaître mes compétences. La deuxième n’en parlons pas. Qu’est-ce que nous entendions dans les médias? Des politiciens? Des commentateurs?
    Combien avons nous eu de Sinistres de l’Éducation durant les 12 dernières années?
    En rétrospective
    Mme Beauchamp 2010
    Mme Courchesne 2007-2010
    Jean-Marc Fournier 2005-2007
    Pierre Reid 2003-2005
    Sylvain Simard 2002-2003
    François Legault 1998-2020

    Pendant la même période combien y a-t-il eu de Ministre de l’Agriculture?

    J’ai eu le goût de tout foutre en l’air, de faire le doigt d’honneur, de claquer la porte.
    Et, quand j’entends des propos comme ceux que tiennent des polémistes comme M. Dutrizac et Proulx, j’ai le goût de me tirer. Des gens qui font des généralisations et mettent tout le monde dans le même panier, il me semble que nous n’en avons pas besoin.
    C’est vrai qu’il y a des gens qui ne sont pas à leur place dans l’enseignement. J’en connais. C’est dommage. C’est dommage pour les enfants. C’est dommage pour ma profession. Mais je connais aussi des médecins, des infirmières, des avocats, des ingénieurs, des postiers, des manoeuvres qui ne sont pas à leur place et des journalistes.

    Je ne crois pas que je fasse parti de ceux-là. Malgré cela je prends les attaques de ces bien pensants de manière très personnelle. Elles minent mon identité professionnelle et ma motivation.

    L’inertie des profs…
    Durant les six dernières années, je me suis fait dire :

    Laisse la chance à ton collègue de suivre des formations…

    Tu connais le programme. C’est ça que tu dois enseigner. Seulement et strictement ça.
    Dans le milieu où j’enseigne j’arrive sans trop de problème à passer à travers le programme
    en 5 mois. J’ai beau faire de l’enrichissement, déborder de tous bords tous côtés, à un moment donné la réalité est que j’aborde certaines notions du secondaire sans le vouloir.
    Imaginez-vous, il y a une direction d’une école secondaire privée qui a appelé la direction de l’école où j’enseigne pour s’en plaindre. J’enseigne dans une école P-U-B-L-I-Q-U-E. Celle que tout le monde rabaisse et dénigre. GO private it’s better!

    Fais le bulletin de telle façon, puis deux semaines avant la remise du premier bulletin les règles avaient totalement changé. J’ai connu et essayé de résister aux menaces, aux colères, aux sautes d’humeur du dirlo. Quand cela se passe dans une école, il y a une démotivation, un désengagement et un climat de méfiance qui s’installe. C’est navrant, c’est la mort à petit feu.

    Il y a six ans lors d’une rencontre de parents, une mère enseignante de 6e année, me demande quand je ferai des dictées…
    Euh! Je n’en fais pas madame. Quelle est l’utilité?
    Apprendre les mots de vocabulaire….
    Intéressant. Mais expliquez-moi, comment se fait-il que les élèves qui arrivent en 6e ne savent pas mieux écrire puisque la dictée
    semble être la panacée de tous les maux? Je travaille autrement.
    Elle me demande qu’elle série j’utilise en mathématiques… je travaille en projet madame. Je n’ai pas de série. J’en utilise au moins 3 fréquemment et à certaine occasion je pige dans au moins 5 ou 6 séries différentes.
    Et vlan, elle me lance : ça ne se passera pas ainsi.

    J’ai dû défendre ma pédagogie, les bases philosophiques de mon approche, faire un bilan de ma formation universitaire à la direction. L’inquisition… mais combien formatrice. Un vrai débat pédagogique. Ce fut épuisant mais combien formateur. 6 heures que cela m’a pris à exposer mes idéaux, mes approches, ma philosophie.. J’ai mis les points sur les i et les barres sur les t. J’ai eu la paix.

    De l’inertie des profs…
    Qui monte une pièce de théâtre d’envergure à chaque année? Qui gère 14 équipes pour l’expo-science ? Qui participe bénévolement à Génies en herbe? Qui sort avec les élèves à chaque mois?
    Qui prend le métro avec 28 ou 29 élèves souvent seul car les parents disparaissent? Qui essaie de faire apprécier les classiques de la littérature jeunesse? Qui fait lire les élèves et fait l’animation autour d’un roman et ce à tous les mois? Qui leur fait réaliser un film d’animation?
    Ça semble que ce ne soit jamais assez et jamais suffisant.

    Pour ceux qui préconisent l’Ordre… C’est bien.
    Les enseignants britanno-colombiens et ontariens doivent se mettre à jour de façon périodique.
    Cette mise à jour n’est pas constituée que de formation de journée pédagogique… Imaginez dans le système actuel, les ressources financières dédiées
    à la formation dans les écoles. Ce ne serait pas terrible.

    Combien d’entre vous aimeriez vous faire évaluer par la direction? Soyez francs et honnêtes. Au Québec, cela n’existe pas. Ailleurs, si. Souvent durant les deux, voire les trois premières années, d’enseignement, la direction, le directeur général, le surintendant, le conseiller pédagogique débarquent dans votre classe au moins deux fois durant l’année. Une fois en ayant une rencontre préparatoire et la seconde sans avertir… et tout y passe. Cela aussi est formateur. Ça permet de prendre conscience de nos forces, de nos faiblesses. Au Québec, on refuse cela. On règne en roi sur notre petit domaine. Mais je ne donnerais rien pour retourner enseigner dans l’ouest du pays… L’herbe n’y est pas plus verte.

    Qui parmi vous accepterait d’envoyer les copies d’examen obligatoires au ministère pour la correction et évaluation? et bien entendu rétroaction?

    • Hypatia
      21 novembre 2010 à 4:06

      Merci pour le rappel (ministres de l’éducation, pour quelles années).

      À propos, ça me turlupine depuis un certain temps: quelle est la place exacte de l’éducation dans un MELS? E L S: simplement alphabétique? symbolique? politique? financier?

      Pendant combien de temps aurons-nous à accepter de partager le précieux temps de notre ministre de l’éducation avec les Loisirs et les Sports?
      Je veux mon MEQ à moi!

    • Carole
      24 novembre 2010 à 9:56

      Haaa! Merci. Je suis enseignante depuis 15 ans, vous dites tout haut ce que je pense tout bas. Moi aussi je vous remercie pour le rappel des ministres.

  13. Luc Giguère
    12 novembre 2010 à 9:41

    Le point qui m’agace dans cet épisode, c’est le poids qu’on met sur le dos du syndicat! Oui le syndicat protège les incompétents, mais le syndicat est comme l’avocat qui accompagne quelqu’un pour s’assurer que ses droits ne sont pas bafoués. Le problème vient toujours du fait qu’une direction engage une personne incompétente et la rappelle d’année en année pour finalement la retrouver permanente. Rendu là, on n’ose plus rien faire et on dit que le syndicat protège l’incompétence. Il me semble que ce n’est pas le syndicat qui engage les profs, mais les commissions scolaires! Qu’elles fassent le travail pour lequel on les paie!!! Quand un prof compte ses minutes, c’est parce qu’on lui a trop longtemps demandé d’en faire sans vouloir reconnaître minimalement l’énergie qu’il déployait. Certains font un burn out, d’autres se mettent à se questionner et à remettre en question tous les efforts qu’ils investissent. C’est triste, car ce n’est pas la direction qui écope, mais bien les élèves!!!

  14. Jean-François Audet
    12 novembre 2010 à 9:04

    Quelles inepties de blâmer le syndicalisme pour tous les maux du système d’éducation!

    J’enseigne au secondaire depuis 13 ans et j’ai rapidement constaté que l’implication syndicale constitue souvent notre dernier rempart pour se faire respecter en tant que professionnels… Des directions d’école qui jouent aux  »petits boss » sans aucune considération pour les enseignants, des commissions scolaires qui prennent plaisir à gérer pour gérer… Comment se défendre et se faire entendre si on ne se regroupe pas??

    La compétence n’a rien a voir avec le fait que l’on tente de se faire respecter ou que l’on soit impliqué syndicalement… J’ai vu tous les types d’enseignants lors des réunions syndicales, des bons comme des moins bons. C’est d’ailleurs la même chose sur les ondes de la radio: il y en a des bons et des moins bons… Dutrizac et Proulx, qu’ont-ils de plus que les autres pour que le bon peuple boive leurs paroles? Sachez messieurs que les syndicats sont nécessaires pour obtenir un semblant de rapport de force avec le gouvernement qui est à la fois employeur et législateur… Aurions-nous de meilleures conditions d’emploi et d’enseignement sans la présence des syndicats dans le milieu de l’enseignement? Pensez aux gains obtenus par les luttes syndicales: droits parentaux, équité salariale, services aux élèves en difficulté, etc. L’employeur ne nous donne jamais rien, ce que l’on obtient, on doit continuellement se battre pour l’avoir… ou le conserver! Les conditions de travail d’Émilie Bordeleau, non merci!

    Le principal problème dans le système d’éducation est le manque de reconnaissance des parents et de la société envers l’éducation. Cela se traduit par des parents qui contestent les décisions ou les façons de faire des profs, des directions et des commissions scolaires qui gèrent en fonction des désirs des parents souvent au détriment du bien des élèves, etc. Qu’on laisse les enseignants faire leur travail sans les minuter, en les laissant choisir les meilleures méthodes d’enseignement pour leurs élèves et surtout en cessant de prendre des décisions sans évaluer leur impact réel sur la vie d’une classe de 32 élèves. Lorsque les génies du ministère ont imaginé la réforme, ils sont est justement restés dans l’imaginaire sans jamais se pencher sur le réel, avec les résultats que l’on connaît et qu’on tente de masquer avec d’autres décisions tout aussi ridicules… On payera encore pour ces gaffes monumentales dans 20 ans!

    D’autre part, il est absolument pathétique de lire des enseignants et directeurs d’école qui écrivent leurs commentaires avec une orthographe plus que déficiente…

    • christine
      16 novembre 2010 à 4:47

      Je ne suis pas du tout surprise que plusieurs écrivent avec une orthographe déficiente. Cela fait des années que le français perd des plumes. Sincèrement, la maîtrise du français s’acquiert rarement à l’école à moins que l’on soit professeur de français… et encore.
      J’ignore pourquoi, mais malgré les très nombreuses heures passées à ‘enseigner’ le français, le Québec n’arrive pas à remonter la pente. Mais si nos profs ne le maîtrise pas…
      Ceci dit, j’ai rencontré des profs très compétents et passionnés et je ne suis pas prête à jeter la pierre et à conférer le blâme à un élément plutôt qu’à un autre.
      Notre système est trop lourd et ne permet pas de mettre à profit les talents, les passions et la crativité dont nous sommes capable en tant que société. Nos écoles sont trop grosses, anonymes; nos professeurs sont suchargés; les élèves confinés à une façon de faire, etc. On s’aveugle, parce que la vérité est insoutenable.

      Mais ce qui est indéniable c’est que rien ne va plus.
      Au Québec, le nombre des familles qui choisissent de ne pas envoyer leurs enfants à l’école est en croissance exponentielle. Tout comme ce prof qui dit « oui. oui », puis ferme sa porte de classe et fait à sa tête, de plus en plus de parents font le choix de ne pas inscrire leurs enfants et de les éduquer autrement. Et tout cela avec succès dans la grande majorité des cas. En tout cas avec un pourcentage de réussite nettement supérieur à celui de l’école.
      Qu’est-ce que l’éducation? Quelle société bâtissons-nous? Avons-nous un plan stratégique en tant que société face à l’éducation de nos jeunes? si oui… il est temps d’en changer.

    • Hypatia
      21 novembre 2010 à 3:52

      Après avoir lu les commentaires sur cette page et ceux du premier web-épisode, je lis Jean-François qui mentionne enfin (!) la question du français où il est « pathétique de lire des enseignants et directeurs d’école qui écrivent leurs commentaires avec une orthographe plus que déficiente ». Cela m’ouvre une porte pour parler d’une des briques que je pose chaque année dans l’édifice éducationnel de mes étudiants.
      Et pour taper sur le même clou, ailleurs: je n’enseigne pas le français et pourtant ma frustration dépasse mes limites quand des fautes apparaissent dans les écrits publiés par des journalistes professionnels, des enseignants et des responsables scolaires de tous niveaux. Absolument aucune excuse, avec tous les correcteurs électroniques disponibles, en plus de tous les dictionnaires et grammaires encore disponibles en papier… Une telle négligence* induit une opinion péjorative (dans mon esprit) concernant cette personne quand il s’agit d’un intervenant en éducation, enseignant ou directeur: quelle est sa sincérité, la profondeur de sa motivation éducative ? La maxime du « faites ce que je dis, pas ce que je fais » devrait avoir des limites!
      * lamentable dans certains cas: <> 3 fautes dans ces 12 mots? de frappe??

      Est-ce que je me trompe en pensant qu’il y a eu une époque où produire un écrit sans faute (facilement décelable en tout cas) était aussi important pour un individu que de présenter une allure correcte hors de chez soi (coiffure, vêtements)? Ou bien est-ce que l’augmentation relative du nombre de ceux qui écrivent et publient à tous vents fait diminuer la proportion de ceux pour qui une faute d’orthographe est aussi embarrassante qu’une tache de ketchup sur une chemise blanche?

      Ne venez pas me parler d’élitisme, ici: ça commence avec des faute considérée insignifiante, mais si une hautorité ne prend pas les mesures nécessaires, un de ces jours ça pourrait bien finir en coeux de pouwaçon (pouvez-vous imaginer pire?). Cependant, au-delà de la question de la langue comme entité vivante qui évolue, et de la fierté d’écrire sans faute, la question du code exprimé correctement reste essentielle: dans un cours de sciences, on pénalise, avec raison, une faute dans une équation, ou dans son usage, à cause des conséquences potentielles si un ingénieur faisait une telle erreur par exemple. Quant au français… combien cela vous a-t-il pris de temps pour décoder mon « queue de poisson » tantôt? Esaiyé main tenant avèk le mot suie vent: l’eauzenje. Aucun effet sur la fluidité de votre lecture? L’eauzenje est mon préféré pour faire (im)pression sur mes étudiants; dans mes classes, je suis l'(h)autorité en français et je l’exerce.

  15. Jean
    12 novembre 2010 à 8:19

    Je m’étonne de ces critiques qui demeurent si superficielles et éparpillées.

    Un discours anti-syndical si souvent entendu. Pourtant, à mon école, le syndicat est composé des enseignants les plus motivés et ce sont eux qui tentent d’amener la direction à accomplir son rôle: offrir aux élèves et aux enseignants les services nécessaires à une éducation de qualité.

    Le conformisme des enseignants: je ne nie pas le phénomène, mais peut-on approfondir la question? Contre quoi et contre qui faut-il gueuler? Peut-on donner des exemples de choses qu’on oblige les enseignants à faire et contre lesquelles ils devraient se lever?

    Je crois qu’il y a un problème sérieux avec notre système d’éducation. Je doute cependant que ces webisodes qui frappent fort, mais sans direction, parviennent à toucher la cible au coeur. Le projet a toutefois le mérite de créer ce forum de discussions autour d’une question qui nous concerne tous. Les interventions qui y sont faites amènent la profondeur qui manque jusqu’ici à la série.

  16. 12 novembre 2010 à 1:26

    Oui, il y a des enseignants démotivés. Oui, il y en a qui sont là que pour le salaire et les vacances. Mais ils avaient déjà cette attitude alors qu’ils étaient à l’université.

    Ça fait environ vingt ans que j’enseigne et oui j’ai été pointé du doigt comme madame Cloutier parce que je trouvais ennuyant d’enseigner à partir de livres et que j’ai développé avec mes lectures personnelles une méthode plus adaptée et beaucoup vivante et interactive avec des projets qui partent des intérêts des élèves et qu’ils peuvent développer selon leur niveau tout en visant à se dépasser. Mais j’ai encore cette flamme, dans le système public et avec les enfants qui en ont le plus de besoin dans notre société.

    Monsieur Aktouf, avec tout mon respect, il ne faut pas faire d’une situation dont on a pas toutes les données, une généralité.

    Monsieur Dutrisac saviez-vous si dans cette école, il y avait les ressources pour pouvoir faire face au problème de ce jeune de quinze ans? Peut-on faire croire à un jeune qu’on peut l’aider quand il n’y a aucune ressource?

    Ce que je trouve décourageant, c’est qu’encore une fois ici on appuie sur les quelques enseignants qui ne sont pas à leur place pour juger de la profession enseignante. C’est assez pour baisser les bras pour beaucoup d’entre nous. Tant et aussi longtemps qu’on renforcera cette idée les troupes se désinvestiront à coup sûr.

    Renforcer l’idée qu’un être humain est nul et il le deviendra; c’est un principe élémentaire dans la formation. C’est la même chose pour tout le monde.

  17. Luc Gagnon
    12 novembre 2010 à 1:11

    Si vous voulez conserver un peu de crédibilité monsieur Côté-Desjardins, je vous conseille de moins vous laisser guider par vos impressions que par votre jugement. Votre épisode est inégal et contradictoire. Tenez-vous en aux faits et évitez de tomber dans un collage d’opinions qui ne fait qu’éteindre le débat. Je suis un enseignant du secondaire dans le réseau public depuis maintenant plus de 15 ans et j’avoue bien sincèrement n’avoir jamais constaté une pareille désillusion dans mes milieux de travail. J’ai fait plusieurs écoles pourtant. Il est bien arrivé des moments où des situations difficiles se sont présentées, mais jamais je n’ai vu des enseignants baisser les bras à ce point. Ceux qui restent ont la couenne dure ! D’ailleurs, des enseignants incompétents ne durent généralement pas longtemps dans le réseau, c’est trop difficile. Bien entendu, comme dans tous les domaines, il y en a bien quelques-uns, mais ce sont de bien rares exceptions.

    Vous parlez d’une façon assez passéiste des syndicats desquels j’ai eu besoin à certains moments de ma carrière. Ils m’ont été très utiles à des moments où la machine bureaucratique était plutôt venimeuse. Vous avez vu ça vous des enseignants qui se cachent derrière une convention collective blindée ? Pas moi. D’ailleurs, le blindage est de plus en plus mince, alors… D’entendre de pareils âneries dites par Dutrizac et Proulx, ne m’aide pas à apprécier le discours. Des polémistes dans un débat sur l’éducation ? Vraiment ?

    Il est vrai que les enseignants et tout le personnel d’une école doivent se battre sur tous les fronts et c’est ce qui leur donne une solidarité à toute épreuve. J’ai la chance, il faut dire, de travailler dans une école où les gens se tiennent debout et acceptent de débattre de leurs idées. Ce n’est pas vrai partout. Personne ici ne se couche devant des parents d’enfants trop gâtés. C’est un environnement très stimulant qui n’est pas offert à tous et j’en suis conscient. Vous savez, le système d’éducation est très grand et votre connaissance de celui-ci ne semble pas vous donner la possibilité d’en apprécier toutes les nuances. Il est impératif pour vous de rectifier le tir afin d’offrir un contenu rigoureux qui peut résister à l’analyse et l’argumentation des acteurs sur le terrain, ce qui n’est pas tout à fait le cas pour le moment, du moins pas à mon école.

  18. 12 novembre 2010 à 12:56

    J’ai connu un bon nombre d’enseignantes et d’enseignants passionnés et motivés à l’école primaire, mais avec des bagages pédagogiques et un niveau d’initiative très variable. J’ai enseigné pendant 6 ans, puis j’ai travaillé au secteur privé en dehors du monde de l’éducation pendant 20 ans pour revenir comme directeur d’école pendant 12 ans. Ce qui m’a frappé au retour en éducation: le manque d’identité et de solidité professionnelles des enseignants. Ils ne se perçoivent pas comme des experts, ils ne se perçoivent pas comme aptes à convaincre qu’ils le sont. Je n’ai pas vu ça chez des ingénieurs, des agronomes, des machinistes…D’où vient ce manque d’estime et d’affirmation de soi comme pédagogue? Je ne saurais le dire. Il faut à un certain moment arrêter de penser que c’est parce que la société n’a pas de considération pour la profession d’enseignant. Chacun prend la place qu’il veut prendre, et s’il ne la prend pas, d’autres la prendront. Et prendre sa place, c’est un acte d’affirmation hautement personnel; un syndicat ne peut pas le faire pour moi. Y a-t-il un moyen au cours de la formation des enseignants de consolider cette affirmation personnelle et cette capacité d’en convaincre les autres? Il faut commencer par se voir grand et fort si on veut que les autres nous reconnaissent comme tel.

    • Isabelle
      9 mars 2011 à 10:24

      Je suis totalement d’accord avec vous. Tout passe par la confiance qu’on a en soi-même, en nos valeurs, en ce qu’on fait. Elle nous permet de défendre nos idées et nos actions avec aplomb lorsque nécessaire, comme Clément a eu à le faire.

      Et si en tant que profs on n’a pas cette confiance qui nous permet d’assumer nos méthodes et nos convictions afin de les défendre sur la place publique (avec parents, directions, syndicats, etc…), c’est dommage mais jamais rien ne changera pour le mieux.

      Il faut que certains arrêtent d’attendre que les changements viennent d’en haut. Il faut que nous soyons plus nombreux à les revendiquer en bas de l’échelle, ne serait-ce qu’en défendant nos points de vue devant les parents et la direction lorsqu’il y a divergence, car en bout de ligne, si on ne le fait pas, on ne respecte pas nos valeurs et on ne se respecte pas comme être humain.

      Nous, enseignants, sommes les spécialistes de l’éducation, nous qui avons les deux pieds dans la réalité d’une classe jour après jour. Arrêtons d’attendre d’avoir la reconnaissance de la société et provoquons-là, démontrons-là, revendiquons-là.

  19. Mitchidufy
    11 novembre 2010 à 10:53

    Je suis direction d’école depuis plus de 4 ans et je crois que nous mettons l’emphase, encore une fois, sur une minorité d’enseignants. (un peu comme certains enseignants qui chiâlent qu’ils n’ont que des mauvais élèves dans leur classe).

    Je crois sincèrement que la centralisation des pouvoirs entre les mains syndicales et patronales est une problématique sérieuse.

    Dernièrement, nous nous sommes faits présenter le « futur » régime pédagogique .J’ai été estomaqué de constater que nous n’avions rien à dire sur la chose. C’est comme ça qu’on m’a répondu.

    Je suis pour l’abolition du syndicalisme tel qu’il est vécu présentement. Au lieu de gérer par convention collective, j’aimerais m’asseoir avec les enseignants, discuté de ce que nous désirons développer et le faire. Mais…

    Enfin, pour ce qui est du rempart syndicale comme certain le souligne, je crois qu’à la dernière Assemblée Générale des enseignants, le nombre n’a pas dépassé 20 (sur une possibilité de 400).

    • Louise
      20 novembre 2010 à 6:21

      M. direction d’école,

      « Dernièrement, nous nous sommes faits présenter le « futur » régime pédagogique .J’ai été estomaqué de constater que nous n’avions rien à dire sur la chose. C’est comme ça qu’on m’a répondu. »
      Je peux comprendre votre déception quand on ne vous laisse rien à dire sur la chose, vous, les directeurs. Nous non plus (les enseignants), on ne nous laisse rien dire. Mais les enseignants sont peut-être mieux placés que vous pour faire bouger les choses, quand ils crient très fort.

      « Au lieu de gérer par convention collective, j’aimerais m’asseoir avec les enseignants, discuté de ce que nous désirons développer et le faire. Mais… »
      Il est dommage que la gestion et la convention collective vous empêche de faire ce que vous aimeriez: vous asseoir avec les enseignants et discuteR. Vos enseignants aimeraient probablement le faire aussi. S’asseoir et discuter. Développer une meilleure école, un meilleur système. Dommage… vous semblez avoir plein d’idées sur la question…

      « Enfin, pour ce qui est du rempart syndicale comme certain le souligne, je crois qu’à la dernière Assemblée Générale des enseignants, le nombre n’a pas dépassé 20 (sur une possibilité de 400). »
      Ce « certain » (au singulier), c’était bien un de vos rares « contacts » dans le corps professoral? Peut-être 1 des 20 syndiqués actifs sur une possibilité de 400 (380 non-actifs, ce jour-là)? Votre rempart syndicalE doit être une femme, comme chez nous: elles sont très fortes, les syndicales. Avec de telles forces syndicales, je comprends votre réticence à accepter « la centralisation des pouvoirs entre les mains syndicales et patronales » actuelle, pour appuyer plutôt « l’abolition du syndicalisme tel qu’il est vécu présentement », ne serait-ce que pour une meilleure centralisation entre les mains patronales. Si cela se réalise un jour, peut-être qu’enfin vous pourrez vous « asseoir avec les enseignants, discuté de ce que nous désirons développer et le faire », discuteR comme cela se fait ailleurs, dans d’autres pays.

      Une enseignante compatissante. Pour vos enseignants et pour vos élèves aussi, bien sûr.

  20. jacques
    11 novembre 2010 à 7:48

    Je trouve qu’ici, vous soufflez le chaud et le froid! Des trous-d’cul dit cher Dutrisac à qui vous donnez une belle occasion de se faire entendre. Pourtant les enseignantes à qui vous laissez la parole montrent bien à quel point la charge de travail est lourde!
    Alors, nous les profs, on est des trou-du-cul ou des professionnels qui essaient de s’en sortir dans une classe trop nombreuses qui comportent X élèves EHDAA???

    Et là je n’ai pas parlé du fait tout à fait normal qu’à 50 ans (alors qu’il me reste encore 10 ans avant de pouvoir avoir droit à une retraite bien méritée) je n’ai plus (et je crois que c’est naturel) la fougue de tes 24 ans!

    Suis-je vraiment un trou-du cul????????????????????

    Merci pour le coup de chapeau, mais la prochaine fois, laisse le donc faire! Il me fera moins mal!
    Merci!

  21. Maurice Rouette
    11 novembre 2010 à 6:51

    Sur l’ensemble, cet épisode est décevant. Nous avons droit aux énormités habituelles sur une syndicalisation grande responsable d’un soi-disant médiocre corps enseignant. Comme parent, j’ai bien vu que certains professeurs étaient incompétents, et ce, même au privé. Avoue-le, il y a aussi des médecins, des policiers et des parents incompétents. Est-ce qu’avec de telles banalités on peut conclure que l’école au Québec est pourrie, et ce, à cause des enseignants. En fait si on en juge avec la performance des étudiants à des examens en mathématique, l’école publique au Québec se classe mieux que beaucoup d’autres pays industriels dans le monde. Le titre de l’épisode laisse entendre que l’inertie des professeurs serait problématique dans nos écoles. Certains disent que c’est à cause des syndicats et d’autres y voient plutôt l’effet de la grosse machine. Visiblement, l’auteur pense que l’inertie est endémique dans notre système scolaire. Pourtant, plusieurs des entrevues nous montrent des enseignants engagés dans leur travail.

  22. Alexandre Coulombe
    11 novembre 2010 à 6:41

    Malgré mon scepticisme envers le projet déséducation, j’ai apprécié cet épisode. Pourquoi l’éducation au Québec ou au Canada ou aux États-Unis devrait être moins disciplinaire qu’en Suisse ou en Algérie? Pourquoi à chaque fois que je dis que je suis enseignant, les gens me répondent tu as du courage? Pourquoi à chaque fois que je dis que je suis enseignant, les gens me répondent tu es bien, tu as deux mois de congé!?! Chanceux!!! (je sais, mais deux dernières questions ensemble sont illogiques).

    La discussion sur le syndicalisme laisse à désirer. Sans le syndicat, est-ce que cela serait mieux? Il faudrait que les enseignants soient le choux choux de la direction pour avoir des postes, etc.

    La pire critique que j’entends de la population, c’est que les enseignants calculent leurs heures. Les enseignants sont payer à l’année, non à l’heure. Combien d’infirmières, d’ouvriers, accepteraient de faire des heures supplémentaires sans être payer? Pourquoi les enseignants doivent se contenter d’être payer avec des sourires? (cette question est à double sens, car lorsque je vois mes élèves me sourirent et réussirent, c’est extraordinaire)

    • Andréane
      14 novembre 2010 à 10:58

      Bonjour Alexandre,

      Je suis enseignante depuis plusieurs années et ce matin je prends le temps de visionner « ladeseducation ». Rien pour me remonter le moral!
      J’ai lu quelques commentaires dont le tien. Je crois qu’en tant qu’enseignant, nous avons une responsabilité lorsque nous écrivons. Cette responsabilité consiste à se réviser pour corriger les « fautes » d’orthographe ou de syntaxe. Je constate que certains enseignants n’ont pas les compétences nécessaires pour le faire. Dans ces cas, je leur conseille de consulter quelqu’un qui pourra corriger pour eux. Pour moi, c’est fondamental.

      Andréane

      • Alexandre Coulombe
        15 novembre 2010 à 4:56

        Bonjour Andréanne,

        J’ai de la difficulté à juger la valeur de votre commentaire. Est-ce que je suis un incompétent, car j’ai écrit par inattention mais ou lieu de mes? Est-ce que je suis un incompétent, car j’ai oublié d’accorder un verbe au passé composé?

        Mon message est-il tellement mal écrit, qu’il est difficile à comprendre? Quel est votre opinion sur le sujet?

        En tant qu’enseignant, nous nous devons de montrer l’exemple. Toutefois, personne n’est parfait, à l’exception de Dieu.

        • Michèle Castonguay
          19 novembre 2010 à 7:29

          Stéphane, ce sont surtout tes verbes à l’infinitif auxquels tu ajoutes des « nt »
          qui te font mal paraître. (…les élèves me sourirent et réussirent…)

          • Alexandre Coulombe
            20 novembre 2010 à 7:15

            C’est Alexandre, non Stéphane. Je préfère faire quelques erreurs d’inattention (surtout en écrivant dans une petite case sur Internet), que de réagir agressivement sur la forme.

            Lorsqu’une personne n’a point d’argument pour répliquer lors d’un débat, elle va faire l’erreur la plus lamentable de critiquer l’apparence.

  23. Maryse Meunier
    11 novembre 2010 à 6:40

    Le titre de l’épisode me faisait peur, mais ce qu’on y dit n’est pas loin de la vérité. Dans les écoles où j’ai travaillé, j’ai vu très peu de gens qui comptaient leurs minutes, mais beaucoup de gens fatigués de se battre contre une machine syndicale et patronale immense et complexe, contre l’opinion publique qui connait peu notre réalité, contre certains parents mal ou pas assez impliqués. Le sentiment d’impuissance est très fort! On finit tous par se sentir incompétents et donc, par avoir peur de la remise en question. C’est la faille à cause de laquelle les vrais incompétents sont intouchables… À la minute 6 :25, Raymonde Simard résume ma propre réaction; c’est troublant comme elle décrit exactement mon sentiment!

  24. Marie Francce
    11 novembre 2010 à 1:32

    Depuis plus de vingt ans, j’ai vu des mauvais enseignants qui avaient le potentiel d’être de bons enseignants. Nous sommes un peu comme les enfants, nous avons nous aussi besoin d’être valorisé. Il est si facile de jeter la serviette sur nos collègues. Suite à cettte situation, moi et une collègue avons travaillé à l’aider. Son sourire est si beau maintenant. Enfin, je ne le sais plus, j’ai du quitter, je dérangeais un peu trop. On dit de mois que j’ai des principes et qu’il est prérérable de ne pas en avoir si on veut rester à la même école.
    lorsque je suis allé à l’affichage, j’ai rencontré beaucoup d’enseignants mésataptés, qui comme moi, doivent quitter car leur direction ne peut plus les accepter. Il faut dire que nous ne sommes pas en nombres suffisant pour faire une étude sur notre trouble de comportement.

    Une directric a déjà dit à un collègue qu’elle voulait changer d’école car les enseignants de cette école n’écoutaient pas.

    Le syndicat ne sera plus quand nous en aurons plus besoin. Pour l’instant, j,ai du déffendre un nombre incroyable d’excellents enseignants mésadaptés. Quand je rentre dans les classes de ses enseignants, on sent cette joie de vivre des enfants et leur projet toujours aussi créatif.

    Marie France

  25. Marie-Neige
    11 novembre 2010 à 11:01

    Bonjour,
    Lorsque j’étais en secondaire III, j’ai eu un professeur d’anglais qui ne nous faisait regarder que des télé-réalités : fear factor, bachelor et autres. Je trouvais cela non-éducatif et même immoral, tout particulièrement dans le cadre scolaire. Je le lui ai dit ; ça ne lui a rien fait. J’ai ensuite décidé de faire signer une pétition contre cette pratique ; je demandais la règlementation de cette pratique et le suivi du professeur. Nous sommes deux classes d’élèves et de parents d’élèves a avoir signé la pétition. Par la suite, tout ce que la direction a fait, c’est avertir le professeur qu’ils assisteraient à ses cours dans la semaine suivante. Il ne nous a pas fait regarder de télé-réalités cette semaine là. Quant à moi, j’ai eu de très mauvaises notes en anglais cette année là et la suivante, puisque j’ai eu le même professeur. En secondaire V, on m’a redonné le même professeur et, cela combiné à autres choses, j’ai décidé de terminer mon secondaire à l’école des adultes. 6 mois à aller à l’école 4 jours/semaine et à travailler 3 jours et j’avais fini. Je remportais de plus la médaille du gouverneur et une petite bourse pour le Cégep. N’ayez pas peur des alternatives et des chemins en zigzag ; le droit chemin, ça n’existe que dans la Bible…

  26. richard
    11 novembre 2010 à 8:34

    J’ai trouvé le dernier épisode assez disparate et superficiel. À quelques exceptions près, c’est un ramassis d’opinions personnelles et de récits de cas particuliers La critique des organisations syndicales est facile et flatte un sentiment malheureusement trop répandu. Les intervenants qui parlent de « convention blindée » n’ont certainement pas jeté un coup d’oeil sur les conventions collectives depuis une bonne dizaine d’années, ni sur les décisions arbitrales rendues récemment qui défoncent la protection, non pas de l’enseignant, mais de l’enseignement. Dans ces cas, on observe dans le secteur de l’enseignement cette tendance, observée dans d’autres secteurs, au déséquilibre du rapport de force dans la négociation et l’application des contrats de travail. Les organisations syndicales sont des organisations démocratiques. Dans certains collèges qui sont administrés de manière autoritaire par une poignée de gestionnaires sans culture, ces organisations demeurent un rempart – de moins en moins efficace, il est vrai – face aux directives aveugles qui concourent à une bureaucratisation de la tâche. Le visionnement du premier épisode avait piqué mon intérêt; le deuxième me laisse perplexe… beaucoup de choses sont dites, mais aucune d’entre elles n’est approfondie ni débattue.

    • carl
      11 novembre 2010 à 3:53

      Je suis tout à fait d’accord pour la superficialité de la vision syndicale véhiculée dans le deuxième épisode. On assiste dans mon institution (cégep) à un anti-syndicalisme de la part des administrateurs. Leur visée est d’enlever le plus d’autonomie au corps professoral, puis de faire en sorte que chacun devienne un petit technicien sans pouvoir.

      Pourtant, le syndicalisme est une instance démocratique qui doit sa valeur au dialogue et à la vision concertée de professeurs. C’est ensemble qu’une vision de l’éducation est possible. Par ailleurs, ce n’est pas les indifférents (techniciens…) qui vont aux assemblées: les plus passionnés des professeurs s’y trouvent. Le syndicat est donc bien plus qu’une instance qui « défend les pas bons », vision réductrice que véhiculent les médias de masse.

      • Gabriel
        13 novembre 2010 à 4:40

        En effet, ce deuxième épisode est décevant. Non pas qu’il est sans intérêt, mais il est tellement disparate.

        – Les femmes « ne veulent pas faire de vagues ». Ah bon?
        – Les enseignants démotivés (eux-mêmes déséduqués?) ne peuvent pas être mis à pied. Ah ben.
        – C’est « la démocratie », ici. Coup donc!
        – C’est grâce à Mathieu si une petite fille a repris goût à l’école. ???!!!
        C’est quoi le rapport entre tous ces faits?? (Et tous les autres)

        Ça serait-tu possible de faire des liens?? Il me semble qu’il ne manque pas de matériel ni d’information, mais de réflexion et d’une solide démarche de structuration de l’information et des entrevues.

        Ça sert à rien d’avoir une belle présentation et une belle définition de la « déséducation » pour ensuite retomber dans l’anecdotisme et les critiques lancées au hasard contre « le système ».

  27. Lyne
    11 novembre 2010 à 1:40

    Bonjour Monsieur de l’Algérie,

    Avoir été à la place de l’enseignant du secondaire 2 de vos filles, j’aurais répondu que je ne pouvais le punir puisque le jeune est un enfant trop gâté avec des parents qui auraient fait une plainte!

    Les enseignants ne sont aucunement soutenus de certains parents. Les enseignants doivent travailler en équipe avec les parents! Ceux qui surprotègent leur enfant ou qui donnent toujours raison à leur enfant n’aident aucunement l’enseignant ET l’enfant! C’est très épuisant et les élèves qui veulent aller à l’école sont négligés puisque les enseignants doivent toujours faire de la discipline.

    Également, j’aimerais ajouter que le système scolaire est très bureaucratique. Tout est décidé par le ministère. En fait, je doute qu’il y ait UN enseignant qui participe aux décisions prises par le ministère. Il faut des gens sur le terrain pour faire les règles.

    En plus, il y a de ça quelque temps, les élèves en difficulté et avec déficience ont été inclus dans les salles de classe. Je peux comprendre le ministère pour cette décision, mais, assurez-vous au moins de donner plus de soutien aux enseignants qui se retrouvent désormais avec beaucoup plus de tâches qu’ils ne peuvent accomplir.

    Pour terminer, je mets au défi tous ceux qui critiquent l’enseignement de passer une semaine dans une classe! Je suis certaine que la majorité des gens changeront leur opinion sur ce qu’est vraiment l’enseignement.

  28. Sara
    11 novembre 2010 à 12:43

    Je suis bien d’accord avec le fait qu’il y a des professeurs incompétents à cause de leur manque de motivation et qui ne fournissent plus les efforts pour tenter insuffler la passion de l’apprentissage aux élèves. Mes meilleurs profs ont toujours été ceux desquels je une flamme intérieure vis-à-vis leur matière et qui s’intéressaient vraiment au sort de leurs élèves.

    Je crois que ces profs ‘incompétents’ ont certainement besoin d’aide, de soutien phsychologique. Ce sont à mon avis des gens résignés à leur sort et qui ne changent pas d’emploi, faute de mieux. Une personne qui agit de la sorte est fort probablement dépressive, car elle se sent emportée par un courant plus fort qu’elle même et n’a plus la force de se battre. Elle se résigne, même si elle sent qu’elle n’est pas maître de sa vie. Je peux comprendre leur frustration intérieure quand, après plusieurs années de formation universitaire, suivies de quelques années d’enseignement à des élèves, ils se rendent compte que ce n’est peut-être pas leur place et ne cessent de se répéter qu’ils n’aiment pas leur emploi, mais qu’ils sont ‘pris avec’. Que peuvent-ils faire pour changer leur situation? Retourner sur les bancs d’école pour apprendre un nouveau métier? Rendu vers la trentaine, ce n’est pas tout le monde qui a le temps, les moyens ou même l’énergie pour recommencer à zéro…

    Traiter les professeurs démotivés de ‘trou du cul’ c’était un peu fort de la part de Monsieur Dutrizac. Je suis d’accord avec le fait que de bâcler sa tâche d’enseignant et de ne pas se présenter à la dernière journée de classe, c’est lâche, mais il faut tenter de voir ce qui se cache derrière ce genre de comportement.

    • Marie-Josée Cloutier
      11 novembre 2010 à 9:05

      Le terme est probablement fort, mais ces personnes-là n’ont pas le « droit » de manquer de respect envers les élèves. Donc, il n’ont pas à être dans le système de l’éducation, point! S’ils ne se sentent pas bien, qu’ils fassent autre chose et évite de démotiver les jeunes.

  29. Marie-Josée Cloutier
    11 novembre 2010 à 12:10

    Bonjour,

    Je suis pour une fois sans voix! Il est tellement réconfortant de savoir que je ne suis pas la seule à voir la disparité du système.

    J’en suis à ma septième année d’enseignement; je suis enseignante en anglais langue seconde. Pendant tellement d’année on m’a pointé du doigt, diminué et même tenté de me décourager. Pointé du doigt car j’osais en faire plus, entrer plus tôt, partir plus tard, monter mes propres projets. Diminué, parce que je faisais mal paraître le reste de la masse enseignante en faisant tout cela car après tout, je pouvais causer des précédents syndicaux. Découragé, car on me disait que j’en faisais trop, que j’allais y laisser ma peau, qu’après tout, les parents ne seraient pas nécessairement redevant… Comme si c’était à eux à qui j’enseignais!

    Donc, j’en ai eu marre! Un très bon collègue voyant tout mon travaille et mon acharnement m’a alors conseillé de quitter le système public pour aller au privé. Après y avoir réfléchi, j’ai essayé et aimé le côté intéressé des parents par l’éducation de leur enfant. Quand on y pense, s’ils sont prêts à payer des sommes d’argent importantes, c’est qu’ils ont un intérêt pour l’épanouissement de leur enfant. Par contre, encore une fois je ne « fittais » pas dans le moule. Des méthodes devaient être utilisées et je n’arrivais pas à personnaliser mes cours à mon goût. Lorsqu’un parent paie des livres, il s’attend à ce qu’ils soient utilisés et c’est compréhensible de ce point de vue. Par contre, lorsqu’il n’y a aucune personnalisation, aucune liberté de création qui fait si bien la beauté de notre métier, comment peut-on activer la motivation intrinsèque chez l’élève. Comment fait-on pour les voir s’épanouir sur ce qu’on fait pour eux, car eux sont reconnaissants.

    Donc, sept ans plus tard, je me suis retrouvée à bâtir moi-même ma propre école de langues secondes, offrant ce que je crois vraiment efficace à mes étudiants qui maintenant sont de tout âge, et j’expérimente mes propres limites sans rabats-joie. De plus, j’offre un service de devoirs et leçons; pas une garderie… Un service de méthodologie qui sert à rendre l’étudiant autonome dans ses apprentissages, à se développer des stratégies gagnantes et d’expérimenter avec ses propres apprentissages. C’est tellement plus gratifiant! J’espère juste pouvoir survivre monétairement assez longtemps pour ne pas devoir retourner dans ce système de « déséducation ».

    Merci pour votre passion!

    Marie-Josée Cloutier

    • Jeff
      11 novembre 2010 à 5:29

      Madame Cloutier je tiens d’abord à vous féliciter car, même si je ne connais de vous que ce qu’il est écrit dans ce cours texte, je crois voir ici une personne passionnée par son travail.

      Je ne travail pas dans le domaine de l’enseignement, mais j’y accorde beaucoup d’importance. Sans nommer personne, j’ai été témoin d’une idée, je vais encore une fois passer sous silence cette information, mais peut importe, cette idée était novatrice et d’un bon sens évident pour l’apprentissage des élèves. Le projet étant encore à sa conception que le syndicat et la commission scolaire proféraient leurs menaces envers cette personne si elle osait mener son projet à terme. Je n’arrive probablement pas à imaginer toute la colère que cette personne à dû ressentir face à ce geste totalement irrationnel de la part du syndicat et de la comission scolaire. Je le traduis comme suis:« Monsieur/Madame vous n’avez pas le droit d’aider les élèves de cette façon car vous faites paraître les enseignants innapte à apprendre aux élèves». Wow!!! Vous savez probablement que la plupart des entreprises privés auraient récompensés un employé qui trouve le moyen d’innover et d’améliorer la qualité du produit. Dans le cadre syndicale des enseignants, on se protège contre absolument tous ce qui est différent de la marche à suivre car on ne doit pas nuire à personne, au risque d’aider les jeunes. Peut importe le projet sur la table, ce sera un non catégorique car c’est différent et nous, le syndicat, nous n’en voulons pas. À elle seule, cette idée d’un tel syndicat me répugne et m’incite fortement à ne pas entrer ou faire affaire avec une telle ligne de pensé étroite.

      Comme il ne sert à rien de critiquer sans apporter de solution, je vois pour ma part une porte de sortie pour améliorer la qualité de vie des enseignants et des élèves. Je fais personnelement parti d’un Ordre professionnel du Québec. Hors, ces Ordres sont grandement respectés car il assure le maintien d’un niveau d’excellence de tous leurs membres. Après une petite recherche, j’ai vu qu’en Ontario les enseignants devaient faire parti d’un Ordre professionnel. Selon moi, les enseignants méritent un statut de professionnel, tout comme un ingénieur ou un médecin, ceux-ci ont de grandes responsabilités envers la communauté. Ce principe permet une chose, lorsqu’un membre de l’Ordre est jugé de manquemant grave, il peut être écarté de cette Ordre, le rendant hors d’état de nuire. Imaginez un peu, un syndicat qui ne peut plus protéger ceux qui sont, pour ainsi dire, indétrônable malgré leur incompétence. La société en générale verrait alors un enseignant comme un professionnel, donc une personne qui, ayant aquis des connaissances spécifiques, est en mesure d’effectuer avec un haut niveau de qualité l’enseignement.

      Au final, n’est-il pas vrai que lorsqu’un ingénieur approuve un pont, celui-ci est sécuritaire, lorsqu’un médecin vous dit que vous devez prendre ce médicament pour guérir, vouz le prennez. Alors, lorsqu’un enseignant fier membre d’un Ordre professionnel vous dira, il est important que votre enfant…. vous saurez alors qu’une personne compétente s’occupe de votre enfant et l’aide à grandir.

      • Ben Paradis
        13 novembre 2010 à 12:08

        « Je fais personnelement[sic] parti[sic] d’un Ordre professionnel du Québec. Hors[sic], ces Ordres sont grandement respectés car il[sic] assure[sic] le maintien d’un niveau d’excellence de tous leurs membres. »

        Wow, je suis subjugué par la clairvoyance dont vous faites preuve. Un Ordre professionnel, comment ne pas y avoir pensé plus tôt? Une autre structure pour venir régler tous les problèmes en enseignement. Enfin, la recette magique. Mais dites-moi donc, quand votre Ordre aura mis TOUS CES INCOMPÉTENTS à la porte, car il semble qu’ils soient légion à en juger par, entre autres, l’intervention de M Dutrizac, lui-même professionnel reconnu du monde de l’enseignement et qui doit assurément faire partie d’un Ordre professionnel du journalisme d’enquête, où irez-vous chercher les enseignants compétents pour les remplacer? Si le problème était si simple, il y a longtemps qu’il serait réglé. Les enseignants ont autant besoin d’un Ordre professionnel qu’une péripatéticienne a besoin d’une gonorrhée, si vous me permettez l’analogie un peu salace.

        Si les profs n’étaient pas une denrée rare, la qualité ceux-ci croîtrait puisque les meilleurs seraient gardés et que la «sélection naturelle» éliminerait les autres. Or, les écoles se doivent parfois d’engager des enseignants tout simplement parce qu’elles en ont besoin et qu’il y a peu de choix. Ensuite, ces «remplaçants» accumulent des contrats, deviennent «prioritaires» et les écoles se retrouvent «prises» avec des candidats qui ne sont peut-être pas la crème de la crème. La création d’un Ordre ne règlera d’aucune façon les grands problèmes de la déséducation reliés à la qualité des enseignants.

        «Au final, n’est-il pas vrai que lorsqu’un ingénieur approuve un pont, celui-ci est sécuritaire»
        Ben oui, allez dire ça aux familles des cinq victimes du viaduc de la Concorde…

        «lorsqu’un médecin vous dit que vous devez prendre ce médicament pour guérir, vouz[sic] le prennez[sic].»
        Le ritalin, entre autres…

        Et pour vous dire à quel point l’Ordre des médecins est important, jetez un coup d’oeil à ceci:

        « Le collège des médecins est l’ordre professionnel dont sont membres tous les médecins du Québec. Sa mission est de promouvoir une médecine de qualité et de protéger le public. Il a aussi pour mandat de traiter les plaintes du public. Il y aurait eu 656 plaintes concernant la qualité de l’exercice en 2001-2002, et 26 d’entre elles auraient conduit à des citations disciplinaires.

        Le citoyen n’a qu’à compter lui-même le nombre de sanctions subies par des médecins. Une fois faite la demande d’enquête, il faut encore que le syndic du Collège des médecins dépose, s’il y a lieu, une plainte devant son comité de discipline. A peine 4 pour 100 des plaintes passent ce cap. Cela dit, si le Collège n’a pas le pouvoir d’allouer réparation, il peut retirer à un médecin le droit de pratiquer au Québec. Combien de médecins ont subi cette sanction au cours des 50 dernières années ? Aussi étonnant que cela puisse paraître, le Collège est incapable de le dire, n’ayant pas compilé ce genre de données.

        «Ce serait trop long et trop compliqué», dit le Dr François Gauthier, directeur de la Direction des enquêtes. Depuis 1988, le processus disciplinaire est public, mais toujours pas de compilation. S’il veut le savoir, le citoyen n’a qu’à se présenter au greffe du Collège des médecins et compter lui-même! »

        Totalité de l’article au http://www.resterenvie.com/blogue/?p=125

        Vous y lirez aussi qu’ « Il n’existe au Québec aucune statistique officielle sur le nombre de décès reliés à des erreurs médicales, comme l’indique le rapport du comité ministériel sur les accidents évitables dans la prestation des soins de santé (le rapport Francœur), publié en février 2001. Par contre, un rapport de l’Institute of Medicine, publié aux Etats-Unis en l’an 2000 et intitulé «To Err is Human» (L’erreur est humaine), rapporte qu’entre 44 000 et 98 000 Américains décèdent chaque année des suites d’une erreur médicale qui aurait pu être évitée.

        Au Québec, «il y a peut-être des gens qui ont intérêt à ce qu’on ne regarde pas ça», lâche Pierre Deschamps, professeur à la faculté de droit de l’Université McGill. Il serait pourtant facile de connaître la situation. «On a des données sur les erreurs médicales depuis plusieurs années, révèle-t-il, mais le ministère de la Santé et des Services sociaux n’a jamais voulu qu’on les mette à jour car il n’en voyait pas l’intérêt.»

        Vous voulez de meilleurs profs? Les solutions sont multiples mais, dans bien des cas, peu probables…
        1- Rendre la profession populaire. Cela entraînera nécessairement une hausse des demandes d’admission aux programmes universitaires en enseignement, ce qui permettra un tri de qualité dès le départ. Pour être populaire, la profession se doit d’être intéressante.
        2- Rendre la profession intéressante afin d’éviter que deux jeunes profs sur cinq quittent après moins de cinq années en enseignement (il n’y a pas que les élèves qui «décrochent» au Québec). Pour ce faire, les conditions de travail se doivent d’être parmi les meilleures en comparant avec des emplois des secteurs publics ou privés nécessitant 17 ans de scolarité. Les conditions en classe se doivent d’être des conditions gagnantes (nombre d’élèves, ressources, services, …). Les profs doivent retrouver DÉFINITIVEMENT plus de libertés dans les contenus, les connaissances, les compétences, la pédagogie, … (on en a plein le cul des réformes et des savants technocrates du MELS qui pensent pouvoir régler le décrochage en rendant l’évaluation tellement floue que tous réussissent, ou presque).
        3- Faciliter la mise à pied d’enseignants jugés incompétents ou inaptes à l’enseignement par les directions d’école. N’est pas enseignant qui veut.

        Tout un contrat… mais ça fonctionnerait peut-être, contrairement à un ordre professionnel, pfffffff.

  30. C. Houet
    10 novembre 2010 à 11:59

    C’est vrai qu’il y a des enseignants qui ne sont pas à leur place. Je suis enseignante au primaire depuis plus de 25 ans et il y a des personnes incompétentes autour de moi même si elles travaillent fort. Ce n’est pas inspirant. Il y a une culture plutôt pauvre au primaire. Il est difficile d’avoir des conversations profondes sur l’éducation avec mes collègues. On se conforme pour ne pas faire de vagues… On joue la carte de la séduction avec les parents et la direction… Pendant ce temps, le milieu scolaire n’évolue pas et les enseignants sont démotivés. Il est difficile de discuter des vrais enjeux du métier. Heureusement que j’aime profondément les enfants. Ce sont eux qui me tiennent encore dans ce métier mais pas ce système infernal dans lequel je travaille.

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