La formation des enseignants

La formation des enseignants

Comment fabrique-t-on les enseignants ? Y aurait-il quelques failles dans la ligne de montage ?
Après combien de temps devra-t-on les retourner pour bris ou défectuosité?

95 réponses à “La formation des enseignants”

  1. Joanne Bonnici
    28 mai 2013 à 5:18

    J’avoue que j’ai toujours eu l’impression de n’avoir rien appris au Bac en enseignement à l’université… Et même, à l’école en général. Mon éducation a commencé quand j’ai terminé mes études!

  2. Marc Scheire
    4 mars 2011 à 11:56

    J’aurais aimé gagner ma vie dans l’enseignement, au professionnel en mécanique auto, mais pour enseigner au professionnel comme au général on demande un Bac en enseignement. Je comprend, mais je crois qu’il devrait y avoir un programme adapté aux enseignants au professionnel. J’ai fait 2 cours a l’UQAM, le soir (parceque je devais continuer a travailler) et il est vrai que c’était tres démotivant.. ‘concept de base de l’apprentissage’et ‘lois et réglements blabla’. Ca me prenait tout mon p’tit change pour assister a ces cours, beaucoup de blabla et surtout le sentiments profonds que tout le monde était la pour le diplome, point final. Donne au prof ce qu’il veut avoir et tout ira bien. J’avais 42 ans lors de ma derniere tentative d’obtenir ce foutu bout de papier.. J’ai vraiment décroché quand le chargé de cours a admis n’avoir jamais pris de cours de pédagogie pour enseigner a l’UQAM, non il avait une maitrise en santé sécurité au travail et lui venais nous ‘enseigner’ les concepts de base de l’apprentissage…cherchez l’erreur ! J’étais dégouté du système qui ne voulait pas s’adapter a notre réalité comme professionnel. Il fut un temps pas si lointain, ou la formation des maitres au secteur professionnel était adaptée non seulement aux étudiants mais aussi aux enseignants.

    Tout le monde n’est pas fait pour des études supérieurs, avec tout leur diplomes et études pourquoi les gestionnaires au MEQ ne comprennent-ils pas cette simple réalité ? Qui formera les prochains menuisiers, mécaniciens , plombiers, électriciens? des universitaires ? mon oeil.

  3. Veronique
    5 février 2011 à 7:25

    Premièrement, l’université en général est une perte de temps. Dans tous les domaines j’entends amis ou jeunes dire qu’ils n’apprennent rien ou une fois sur le marché du travail, ils réalisent que la réalité de leur emploi n’a rien à voir avec ce qu’il ont appris.

    Le système scolaire au complet a besoin d’être refait. J’ai mes idées là-dessus et j’y reviendrai.

    Pour revenir à l’éducation de nos éducateurs. Je me rappelle il y a quelques années, j’ai participé à une discussion passionnée sur le sujet avec deux amies professeures. Deux faits intéressants ont surgi:

    1-Je partageais mon idée que les professeurs de nos jours prennent leur diplôme dans une boîte de Cracker Jack. Ce n’est plus une passion qu’être professeur mais une job qui paye bien avec deux mois de vacances en été. Vous pouvez bien imaginer mais deux amies en révolte… »non mais moi j’adore les enfants…savoir que je peux influencer leur vie », etc. Ce qui m’a fait rire est qu’en moins de cinq minutes le discours avait changé en « les petits morveux quand ils font ceci et cela… ». Mon point était prouvé.
    (notez aussi que l’une de ces professeures fait environ 5 fautes d’orthographe par page…et c’est elle qui corrige les devoirs de vos enfants!)

    2-Dans une autre discussion je me rappelle que je poussais sur le point que tant et aussi longtemps que le titre de Professeur ne sera pas vu comme une profession de haut niveau, c’est-à-dire difficile à obtenir au travers des études universitaires et une profession à salaire incroyable, on ne règlera pas le problème. Une des personnes dans le groupe me dit » ben là, on commencera pas à payer des professeurs comme les médecins puis les avocats »… »Oui mais qui forme tes médecins et tes avocats??? » lui ai-je répondu.

    Je ne blâme pas les professeurs ici mais bien le système. De plus cette manie de bourrer les classes depuis les 15 dernières années. Mon père qui a été professeur et maintenant retraité depuis 4 ans m’a dit qu’à la fin de sa carrière il enseignait ¼ de ce qu’il enseignait il y a 40 ans!

    Le système a besoin de réviser la structure scolaire dans son ensemble :
    -Arrêter le bourrage de crâne puis enseigner l’apprentissage par la compréhension et la passion.
    -Avoir des professeurs qui maîtrisent la pédagogie et l’art de l’enseignement…et commençons dans les Universités (arrêtons d’y mettre des spécialistes de tel et tel domaine et remplaçons les par de Professeurs qui ont le goût de partager leurs connaissances et d’aider les jeunes à développer de nouvelles solutions – Évolution !)
    -À bas les cégeps! (parle d’une perte de temps! Ça j’en ai des histoires!!!)
    -Puis les parents, chers parents, laissez donc les professeurs faire leur travail! Si vous voulez vous impliquer, assoyez-vous donc avec votre jeune le soir puis aidez le donc avec ces devoirs, développez sa curiosité, soyez présents dans son éducation mais à la maison.

    Je n’ai pas d’enfants. Je n’en veux pas. Et l’une des raisons est que tu as beau faire la meilleure job en tant que parent dans les premières années mais une fois que ton enfant entre à l’école, il entre dans un monde auquel tu le perdras. Et présentement, je ne suis pas à l’aise à le perdre dans ce que je vois.

  4. Sandra Blouin
    23 janvier 2011 à 4:16

    Dans le Programme de formation à l’école québécoise, il est écrit que l’enseignant est le «médiateur entre l’élève et les savoirs.» Du mon côté, je considère plutôt l’enseignant comme une marionette entre les élèves et le ministère de l’éducation.

  5. 6 janvier 2011 à 10:21

    Dernier commentaire: Je suis très heureuse de voir -enfin!- une discussion sur l’éducation.

  6. P Bessette
    7 décembre 2010 à 4:31

    « Il faut dégraisser le Mammouth » disait Claude Allègre, un ancien ministre de l’éducation en France. Il n’a pas fait long feu… Qui s’attaque au mammouth risque de se faire écraser…

  7. 23 novembre 2010 à 12:10

    Écoutez, c’est simple.

    Tout au long de mon baccalauréat en enseignement secondaire à la dite Université Laval, je n’ai cessé de répéter que je n’apprenais rien au niveau de l’enseignement.
    J’ai dû (et ce n’est pas si négatif, mais plutôt logique et triste en même temps) apprendre par moi-même. Cela m’a fait grandir, certes. Les seuls cours qui étaient pertinents étaient ceux qui approfondissaient mon champ d’étude en tant que telle (math, français, histoire ou autres). Notez bien que je ne mentionne aucunement les cours qu’on m’a imposé et qu’on osait appeler de la pédagogie.

    Quels genres de cours étaient donc si inutiles me demanderiez-vous? C’est simple, tous ceux qui traitaient de la gestion de classe (qui s’effectuaient devant une ex-enseignante démotivée de l’enseignement auprès des élèves du secondaire après moins de 5 ans et qui avait obtenu son admission à la maîtrise), ceux comprenant les TIC, c’est-à-dire passer encore une session devant un ordinateur pour apprendre comment faire des pages WIKI… non mais écoutez là là (comme on dit si bien au Lac Saint-Jean) y’a toujours bien une limite à me faire payer 300$ pour un cours, et ce, pour m’apprendre quelque chose de TOTALEMENT inutile et d’arriéré que de faire une page WIKI…

    Comment, dans la réalité actuelle de notre société et surtout de ma génération (génération Y), peut-on croire UN SEUL INSTANT, que j’ai besoin d’apprendre à utiliser Internet… Et surtout… POURQUOI la dernière question À CHOIX DE RÉPONSES de l’examen final de ce merveilleux cours ressemblait à ceci:

    « Quel est le logo de Linux? ».
    Choix:
    A)Un chat
    B)Un chien
    C)Un pingouin
    D)Une autruche

    … Non, mais faut-il vraiment que je me sente AUSSI dévalorisé par mon choix professionnel? Est-ce que c’est une nécessité de promouvoir la médiocrité et l’imbécilité humaine?

    COMBIEN d’entre vous utilisent Linux de toute manière? COMBIEN d’écoles?

    Une fois l’obstacle de cette soit-disant première et glorieuse Université francophone du S’Canada peut-elle rabaisser l’éducation des maîtres à ce genre de conneries de bas étage?

    Mais ça mes amis, ce n’est rien. Le pire, je crois, c’est que tout au long de la formation, on nous fait de belles promesses d’avenir: « On a TELLEMENT besoin de profs au Québec, vous êtes SI chanceux, vous, la génération Y, vous ne connaîtrez pas la précarité! Vous serez tellement en demande, vous aurez à vous questionner sur quel contrat choisir… et j’en passe.

    Je veux bien que dans la grande région métropolitaine, présentement, il y ait une ÉNORME pénurie d’enseignants (d’ailleurs, ma séance d’engagement (notez bien que je n’ai pas dit « entrevue ») m’a affirmé qu’il en serait comme cela jusqu’en 2017), mais ailleurs au Québec, c’est de la grosse grosse foutaise! Tant au Saguenay-Lac-Saint-Jean que la grande région de la Capitale Nationale. D’ailleurs, cette même commission scolaire de Montréal m’avait affirmé que c’était CONNU, qu’au NORD de Trois-Rivières, on n’a pas besoin de profs.

    Alors, soit que l’on cesse de nous dire des saloperies, soit qu’on nous affirme que tout ce qu’on veut c’est un endettement moyen de 25,000 dollars pour nous donner un morceau de papier qui DE TOUTE MANIÈRE ne servira qu’aux plus chanceux d’entre nous ou encore ceux qui ont des contacts (papa connait le directeur de cette école-là, maman connait la responsable à la commission scolaire…).

    Vous avez déjà été sur le chômage pendant 4 mois en voyant les semaines s’égrainer en vous disant: « Bon, j’ai étudié 4 ans, je ne veux pas vivre à Montréal, je dois donc me résigner à travailler au Couche-Tard. » ?

    Et savez-vous quoi? Même Couche-Tard ne veut pas vous engager lorsque les gérants voient les mots: Bacc. en enseignement.

    C’est vraiment gratifiant (je parle par expérience).

    Heureusement, j’ai réussi à décrocher un contrat 4 semaines avant la fin de mon chômage, Dieu soit loué… Mais je vois l’automne 2011 d’un très mauvais œil tout autant. Tout sera alors à recommencer. Alors, il ne me reste qu’une seule chose à dire sur mon vidage de sac: j’emmerde solidement l’Université Laval et tous ses chargés de cours et enseignants pelleteurs de nuages et quant à vous autres encore sur le chômage, on se voit à Montréal l’année prochaine, pour ceux qui en ont marre du chômage et des listes d’ancienneté de 15 ans pour avoir une permanence.

    Et si je peux oser une dernière chose. Les Baby-boomers, une retraite ça se prend entre 55 et 60 ans, pas à 65. Comment veux-tu instaurer une réforme valable avec des enseignants démotivés qui débutent chaque année scolaire et qui, au mois d’octobre, se « pètent » de fausses dépressions. C’est vachement emmerdant de commencer une année scolaire en octobre-novembre-décembre-janvier à cause de vous.

    Dernière, dernière chose: promis. Pourquoi, mon cousin qui a fait un Bacc. en génie civil, a eu son stage 3 payé à 25$ de l’heure pour Hydro-Québec (qui, aux dernières nouvelles, est une entreprise de l’État québécois), alors que moi, en enseignement, étape cruciale du développement de n’importe quel foutu ingénieur, je dois travailler au Future Shop 25 heures semaines, être en stage 40 heures et remplir des torchons inutiles de stage? POURQUOI ?

    Voilà, c’est dit.

    • Alain Marier
      6 janvier 2011 à 4:22

      Malheureusement, je n’ai pas l’auditoire de la Première Chaîne de Radio-CAN ou des stations Cogéco avec Monsieur Arcand, mais les mardis matins de 6@8 au 102,3 CINQ-fm / radiocentreville.com , j’ai le micro et j’aimerais beaucoup entendre le contenu de votre commentaire! Alain Marier sur Facebook 😉 Bonne 2011 😉

  8. Patrick Poirier
    18 novembre 2010 à 7:13

    J’ai eu un malaise en visionnant ce pamphlet. Ce n’est pas un documentaire mais bien une charge unidimensionnelle. Certes, il y a des lacunes dans la formation des maîtres. Comment peut-on, par exemple, enseigner des théories de l’éducation axées sur l’apprentissage et sur l’élève en ne les appliquant pas nous-mêmes, comme professeur ou comme chargé de cours? Comment peut-on enseigner le constructivisme par un cours magistral?

    Mais il faut aussi regarder dans la salle de classe. Comme chargé de cours en didactique et en fondement de l’enseignement, je me suis battu avec mes étudiants pour les convaincre qu’ils devaient faire appel aux connaissances scientifiques, au savoir accumulé par les spécialistes de leur discipline pour construire leurs compétences et leurs connaissances. Un livre, une source autre que wikipédia, pour un travail universitaire, c’était toujours trop. Nous sommes dans une ère du moindre effort, du savoir accessible par un clic, du tout cuit dans le bec. Le problème reste entier: qui doit s’adapter à qui?

    Apprendre, c’est souffrant parce qu’on doit déconstruire nos anciens schèmes de pensée, nos fausses représentations pour en construire de nouveaux.

    Pour paraphraser JFK, je dirais: ne vous demandez pas ce que l’université ou les professeurs peuvent faire pour votre éducation, mais plutôt ce que vous pourriez faire pour elle.

    • Jean-François Tremblay
      18 novembre 2010 à 9:48

      Patrick Poirier dit : « Comment peut-on, par exemple, enseigner des théories de l’éducation axées sur l’apprentissage et sur l’élève en ne les appliquant pas nous-mêmes, comme professeur ou comme chargé de cours? Comment peut-on enseigner le constructivisme par un cours magistral? »

      Des théories de l’éducation axées sur l’apprentissage et sur l’élève?…

      Pour répondre à votre question, peut-être simplement parce qu’un bon enseignant universitaire, qui enseigne la perspective constructiviste, aura compris que, contrairement à un enfant du primaire, un étudiant universitaire, donc normalement au stade des opérations formelles, est capable d’opérer en pensées, et ainsi tirer profit d’un cours magistral.

      • Patrick Poirier
        19 novembre 2010 à 11:49

        Alors, cette approche de l’enseignement serait destinée qu’aux seuls enfants du primaire ou du secondaire? La construction du savoir et le développement des compétences ne se font-ils pas à tous les niveaux et dans toutes les situations d’apprentissage, scolaire ou non? Ne serait-il pas profitable à un étudiant universitaire qui a, justement, atteint le stade des opérations formelles d’être confronté à des problèmes complexes qui lui demanderont de réfléchir, de construire ses compétences professionnelles? La réflexion demande du travail, beaucoup plus que de prendre des notes pendant 3h, de les apprendre par cœur et de les recracher dans un examen.

        Le programme en éducation est axé sur les compétences professionnelles. On enseigne qu’on ne développe pas des compétences dans un cours axé sur l’enseignement, un cours magistral. Pourquoi ça ne serait plus vrai à l’université? Il faut être cohérent avec ce que l’on enseigne.

        N’a-t-on pas fait le reproche que la formation des maîtres était trop théorique et que le vrai apprentissage de la profession se faisait lors des stages et dans le contexte de la classe, confronté aux vrais problèmes de l’enseignement? Nous sommes loin ici d’un enseignement magistral. Le débat demeure entier depuis le temps qu’on réfléchit sur l’éducation et l’apprentissage.

        • 6 janvier 2011 à 10:07

          Bonjour, je suis vraiment en retard sur vous, mais je viens de voir le premier épisode. Et je suis tout à fait en accord avec votre commentaire.

          J’entends dans cette vidéo les mêmes récriminations de la part des enseignants universitaires que des enseignants du secondaire face à leurs élèves : ils sont peu enclins à la tâche, rechignent si le travail ne compte pas et semblent désintéressés de toute culture générale.

          Spontanément je me dis : tant mieux. Ces nouveaux enseignants comprendront les élèves qui leur seront confiés et modifieront les rapports qui sont traditionnellement établis pendant une situation pédagogique entre enseignant-élèves.

          Après réflexion, je trouve aberrant (bien qu’il faut se souvenir qu’une formation universitaire ne donne que les bases d’une éducation spécialisée qui doit se poursuivre pendant toute la vie professionnelle) que l’université ne soit pas à la fine pointe des changements présents et tarde à se mettre en chemin.

          L’éducation telle qu’on la connait au Québec change le paquebot vire tranquillement, mais indéniablement pour s’adapter à sa clientèle d’aujourd’hui (Le client a toujours – et parfois malheureusement- raison). Je ne crois pas qu’augmenter les contraintes d’entrée ferait la différence et je ne crois plus qu’orienter davantage la formation sur la pratique enseignante changerait la donne – les jeunes enseignants manquent de référentiel pour assimiler tous ces trucs et astuces du métier.

          À l’écoute de cette vidéo, j’entends des commentaires qui me font dire que même des universitaires ne sont pas encore passés du paradigme de l’enseignant à celui de l’apprenant (et de plus vos commentaires le démontrent aussi). Et si moi en tant qu’universitaire de deuxième cycle en éducation j’avais la meilleure opinion de ce qui me manquait pour avancer dans ma formation professionnelle? Et si j’assistais à mes cours universitaires pour entendre l’enseignant, pour avoir accès à sa connaissance? Et si je considérais que le travail demandé ne m’aidait en rien à apprendre ou consolider mes apprentissages? Est-ce que j’aurais obligatoirement tors?

          Et si l’on enseignait aux futurs enseignants comme l’on voudrait qu’ils enseignent aux mêmes à leurs futurs élèves – non pas magistralement ou socioconstructiviste, mais de façon à ce que chacun d’entre eux prenne en main leur formation), peut-être qu’on l’on arrêterait d’entendre toujours la même rengaine : « si mes élèves étaient meilleurs, je serais un meilleur enseignant. »

          Meilleure citation : La formation universitaire doit amener les jeunes à être critiques par rapport à ce qu’ils vivent, par rapport aux milieux dans lequel ils vivent (…).

          Pire citation (juste après!!) : Si l’on avait de meilleurs étudiants à l’entrée, possiblement que l’on serait capable de pousser plus loin les cours, le niveau des cours (…).

  9. Bruno Tremblay
    14 novembre 2010 à 11:15

    J’enseigne la philosophie au collégial depuis quelques années et il y a un petit problème que j’ai observé qui me pousse à écrire ce commentaire.

    Dans une démarche qui se veut critique, on ne devrait pas simplement chercher à regrouper des témoignages qui confirment notre thèse. Il y quelque chose de contradictoire à agir ainsi.

    En fait, c’est la meilleure façon d’en venir à des lieux communs et ces lieux communs génèrent de l’évidence. Une démarche critique en est une qui reconnaît la faillibilité de notre jugement.

    Or, ce que l’on lit ou entend sur ce site ne répond pas à ce critère d’une démarche critique. On essaie de générer l’évidence que le système scolaire québécois est pourri de l’intérieur.

    Il l’est peut-être, mais un travail serait nécessaire pour éclairer les présupposés sur lesquels reposent les évidences qui sont générées. À quelle éducation on fait référence ? Un système d’éducation tel que vous le souhaitez a-t-il déjà existé ? Qu’est-ce que l’éducation ? Comment devrait-on enseigner ? Que devrait-on enseigner ? Jusqu’où l’État peut-il aller dans la transmission de connaissances et de valeurs tout en respectant l’autonomie et la liberté des individus ? On pourrait aussi se demander si les problèmes n’originent pas plutôt de la société en général ? Si oui, n’est-ce pas un peu « gros » de demander à l’école de tout régler ? Et les enseignants, est-ce qu’il est possible d’éradiquer l’incompétence dans le corps professoral ? Pourquoi cela serait possible si dans tous les autres métiers cela ne l’est pas ?

    Bref, ce ne sont là que quelques-une des questions que j’ai eues lors de mon survol du site. Ce n’est pas que je ne partage pas le désir de ramener un certain idéalisme dans la profession et surtout une véritable éducation chez les jeunes. C’est tout le contraire. Toutefois, voyant que tout allait dans le même sens, j’ai éprouvé un certain malaise. Rien dans la vie n’est aussi évident. Rien n’est aussi simple. Il faut s’intéresser aux problèmes eux-mêmes, c’est là qu’on en trouve d’autres…

    • Guy Marin
      12 janvier 2011 à 1:15

      Continue de «pelleter»de la boucane.

    • Karine Roberge
      24 février 2011 à 9:54

      Je suis amplement d’accord avec ce que vous dites. Je ne suis pas enseignante, mais je sais que dire qu’il y a un problème est une chose, mais offrir des solutions serait bien aussi. Moi en tant que parent, je sais qu’il y a un problème[ex; Ma grande, qui est en secondaire 3, n’a même pas réussi ses maths de secondaire1,2 et est en math de 3 entrain de les échoués. Je lui a payé les cours d’été proposés par la COMMISSION, sans avoir de résultats(pédagogique ou de notes). Elle va à tous les cours de ratrappage offerts et est découragée car sur son bulletin du 2011-02-09 en math elle a 45% et la moyenne de la classe est de 57%. C’est pas qu’elle n’étudit pas, elle doit étudier 30 min/soir minimum même si elle me dit qu’elle n’a rien à étudier, elle doit reviser ses notes(un cahier spirale de 250 pages presque plein), poser des questions en classe. Et lorqu’elle a des devoirs elle y mets 1h minimum. Étudier plus, poser des questions en classe, prendre des notes, être disponible à la maison pour l’aider à comprendre ses problèmes, mais là je n’ai plus de solutions.] Moi aussi je suis j’ai hâte que ça change. Et entendre des professeurs me confirmer qu’il y a un problème, me décourage. S.V.P apporté des solutions.( désolé des erreurs de formulations et d’orthographes, je n’ai qu’un sec5)

  10. Clément
    13 novembre 2010 à 2:19

    À propos de la formation universitaire

    Il y a une vingtaine d’année quand j’étais au bacc.., j’ai commencé à être très critique après les premiers stages. Les cours trop généraux et des cours sans objectifs précis me paraissaient inutiles. Je me souviens du premier cours dans lequel nous devions définir à chaque semaine 5 termes relatifs à l’éducation en utilisant 5 sources différentes pendant la première session. Chaque travail devait compter autour de 1000 mots. Je pensais à ce moment-là que c’était inutile. Une perte de temps….
    C’était les travaux ou la porte! J’imagine les étudiants de certaines universités qui négocient à n’en plus finir le syllabus et l’évaluation.
    Cela m’a donné des méthodes travail, m’a fait voir la somme de travail importante à accomplir dans une semaine, à gérer mon temps mais surtout à nous donner un vocabulaire commun.

    Le seul cours de didactique du programme en fut un de français langue première et seconde couvrant du préscolaire à la 12e année. Passionnant, mais cela dépendait du professeur. J’y ai appris quelques leçons de néerlandais (9 heures sur 90 heures de cours)… inutiles… Nous étions six étudiants à suivre ce cours… soit toute la cohorte de 1982 du département.

    Ne parlons pas du cours de philosophie de l’Éducation quelle perte de temps… Des cours de littérature des XVIIe, XVIIIe, XIXe siècles et de littérature anglaise, de science, de mathématiques et de diction pour les enseignants.

    À cette université, on nous avait permis de comparer les lois scolaires et le système d’éducation des autres provinces. On avait considéré que les postes d’enseignement se trouveraient ailleurs au pays. Cela était notre cours équivalent au cours d’introduction au système scolaire du Québec que j’ai dû suivre à mon retour au Québec. Chose étrange, deux de mes collègues qui ont le même parcours que moi n’ont pas eu à suivre le cours à leur retour dans la Belle province.
    Je suis revenu au moment de surplus d’enseignant, eux ils sont revenus, juste au bon moment ou tout était encore ouvert. Est-ce une erreur? Du laxisme? De l’arbitraire? Je suis content pour ces collègues. Le cours m’a occupé l’esprit pendant une session.

    Aujourd’hui, tous ces cours qui m’apparaissaient inutiles me permettent de défendre mes propres valeurs professionnelles, d’asseoir mon jugement critique et ma pilosophie de l’éducation .

    À force de critiquer, fatigué d’entendre les récriminations le directeur du département nous avait demandé en guise de travail de proposer un programme idéal de formation. Quelques années après, l’Université s’est ajustée. Il y avait plus de cours de didactique ce qui répondait à la réalité du primaire. J’ai pris conscience aussi que le profil de sortie des étudiants était décidé au Ministère, et, non comme je le pensais strictement au niveau de l’université. Cette université n’est pas québécoise.
    À ce moment-là, j’avais déjà obtenu mon diplôme et j’avais commencé à enseigner. Je n’en ai pas profité. J’étais très critique en rapport à tout. Avec le recul et malgré les lacunes de ma formation initiale, j’apprécie la formation que j’ai reçue.

    Ailleurs c’est pareil! Ce n’est pas plus vert… surtout quand on y est allé!!

    Doit-on viser uniquement l’aspect utilitaire d’une formation ou viser une ouverture vers une culture
    générale la plus large et ouverte que possible?

    Un cours de gestion de classe… Comment faire pour enseigner la gestion de classe… Il faut avoir les grands principes mais personne ne peut me dire comment gérer ma classe tant que je ne suis pas en situation réelle. Il y a tellement de variables à considérer.

    Si on fait de l’éducation qu’une fonction utilitaire aussi bien de tout fermer.

    Entre mon double bacc. et la maîtrise, j’ai suivi l’équivalent d’un DESS toujours en suivant des cours reliés à l’Éducation et en particulier la didactique dans différentes universités (tant anglophone et que francophone) à l’extérieur du Québec. Puis j’ai fait une maîtrise en… didactique au Québec

    À la Maitrise, le cours de méthodologie de recherche en a été un qui ressemblait plus à une autoévaluation introspective. Je n’ai rien appris dans ce cours sauf à me connaître davantage. J’ai payé plus tard quand j’ai dû faire mon travail dirigé… J’ai appris sur le tas. Je peux dire aujourd’hui que je me connais davantage et que j’ai acquis sur le tas comment à peu près mener une recherche. Est-ce que cela me pénalise? Non. Je respire. Je vis. J’ai développé mon esprit critique. Cependant, j’ai fait cette recherche parce que je voulais la faire. J’ai exploré et lu des dizaines d’articles, d’ouvrages de références et pourtant ce n’était qu’un travail dirigé. Peu m’importait combien j’obtiendrais. Cette recherche, certes mal écrite et mal structurée, m’a permis de me dépasser et surtout de répondre à des questions que je me posais.

    L’avant dernier cours, que j’ai suivi, était relié à un microprogramme de didactique des mathématiques et des sciences. Lorsque j’ai reçu mon bulletin, j’étais furieux. J’avais reçu un A+. Je suis allé parler au chargé de cours. Je considérais qu’il m’avait surévalué. Je n’ai pas terminé le microprogramme à cause de cela. Quand la directrice du programme m’a appelé pour me dire qu’après révision de mon dossier, on allait m’accorder l’unique crédit qui me manquait pour terminer… je lui ai lancé que cela ne m’intéressait plus qu’elle pouvait garder le crédit. Le travail final a été réalisé, il est toujours disponible sur le site de ma classe. Je ne l’ai jamais remis. J’ai eu un immense plaisir à faire ce travail avec mes élèves.

    Ce n’est pas tant le contenu de la formation qui est important mais c’est ce que tu en fais. La formation est initiale… elle initie à la profession.

  11. Clément
    13 novembre 2010 à 1:43

    Madame Jasmin raconte qu’on apprend plus quand on est en classe et que les élèves nous apprennent plus que ce que nous avons appris dans les cours est vrai. Je ne peux pas m’inscrire en faux contre cela. Cependant il y a un savoir académique, un savoir théorique qui est à la base et un savoir être, un savoir faire que je décrirais d’empirique qu’on appellera expérience ou expertise que l’on développe en interaction constante avec les élèves et les collègues… Je ne crois pas que sans formation cela soit possible.

    Les études démontrent que les générations qui se succèdent reproduisent ce qu’elles ont reçu.
    En bref, nous enseignons de la même manière que nous avons été enseigné. Ce n’est pas étonnant que rien ne change… Est-ce que la folie n’est pas de refaire encore, encore et encore exactement la même chose en espérant un changement?

    En affirmant ce que Madame Jasmin dit, il y a le danger d’être réducteur et de laisser croire que sans formation tout le monde peut enseigner… C’est ainsi qu’on laisse de plus en plus de gens qui n’ont aucune formation pédagogique enseigner en leur donnant une tolérance et ainsi incidemment réduire les critères et dévaloriser la formation et la profession. La vocation? Le métier?
    Et on l’entend à chaque année, avec les Arcand, Homier-Roy, Desautels, Dutrisac, Lagacé, Mongrain, Proulx pour ne nommer que ceux-là, selon eux le Ministère devrait accorder aux gens qui n’ont pas de formation le droit d’enseigner…. Mais au fait, est-ce un droit ou un privilège?

    Ceci dit probablement que parmi ceux et celles qui travaillent sous une tolérance, on peut retrouver des perles comme il est permis de croire que parmi ceux et celles qui ont une formation universitaire en Éducation ne devraient pas se retrouver dans une salle de classe.
    C’est ainsi, aussi, probablement, que le MELS a décidé de l’intégration sauvage des élèves en pensant que les enseignantes et enseignants titulaires sans formation d’orthopédagogie pourraient faire le travail des ortho.

    Augmentons les exigences d’admission aux programmes de science de l’Éducation des universités! N’ayons pas peur de le faire!
    Mais si on augmente les exigences, il faudra en tenir compte après… Est-ce que la société est prête à le faire?

    • 22 novembre 2010 à 5:59

      Est-ce normal de ne pas avoir le droit d’enseigner la musique dans les écoles avec un Certificat en criminologie, un Baccalauréat en musique, un DESS en pédagogie musicale, des cours de psychologie et d’intervention auprès des jeunes et des années d’expérience en enseignement privé et en milieu scolaire?

      La formation en pédagogie, je l’avais. Mais il n’y a aucune reconnaissance des études supérieures au Québec lorsqu’on veut enseigner. Ça prend LE baccalauréat. Quatre ans au premier cycle. Rien d’autre.

      Devant le constat absurde que je devais refaire un baccalauréat pour obtenir une qualification légale d’enseigner, je me suis inscrite à l’Université d’Ottawa en enseignement du français langue maternelle, question d’aller chercher une qualification supplémentaire. J’étais très motivée au départ, mais ça n’a pas duré très longtemps. Mes cours et mes travaux sont extrêmement redondants et d’un ennui mortel. Je travaille beaucoup, je n’ai que des A+, mais… JE N’APPRENDS RIEN. C’est démotivant. J’ai l’impression que les enseignants n’ont rien à communiquer et qu’ils étalent 30 minutes de contenu sur 3 heures.

      Je ne peux pas obtenir de reconnaissance des acquis pour le cours de Didactique des arts, même s’il y a un consensus de toutes parts sur le fait que je suis déjà surqualifiée par rapport à ce cours…

      Ce baccalauréat en enseignement est mon expérience universitaire la plus négative. Moi qui ai toujours ADORÉ l’université… Malgré tout, c’est ma seule façon d’obtenir LE papier. Et je me console en me disant que c’est 1 an à temps plein en Ontario ou 4 ans à temps plein au Québec… Est-ce normal que le Québec reconnaisse une formation de 36 crédits suivie en Ontario comme l’équivalence d’une formation de 120 crédits à suivre au Québec? Ne pourrait-on pas avoir un programme équivalent ici?

      Je crois que le milieu de l’éducation se prive d’enseignants extraordinaires en obligeant des gens déjà qualifiés ou surqualifiés à suivre un programme de formation de quatre ans à temps plein. Lorsqu’on a déjà un baccalauréat, une maîtrise, un doctorat, de l’expérience sur le marché du travail et une expérience de vie, on ne s’inscrit pas dans un tel programme. Surtout pas pour un métier qu’on exerce déjà et souvent depuis des années.

      Les cours de pédagogie ne sont certainement pas indispensables pour être un bon pédagogue. D’ailleurs, mes enseignants en musique étaient bien meilleurs pédagogues que mes enseignants en pédagogie. J’ai été habituée à l’excellence à l’université et je ne retrouve pas cette excellence dans mon programme de formation à l’enseignement. Et pourtant, les exigences d’admission étaient extrêmement sévères, je m’attendais légitimement à plus…

      • Marie-Danielle
        2 mars 2011 à 11:46

        Je suis dans la même galère, je viens de postuler à Ottawa. J’ai un bacc en traduction de l’Université de Montréal et ça fait cinq ans que j’enseigne à temps plein au secondaire et on ne veut absolument rien reconnaître. Encore plus absurde, c’est qu’on n’accepte même pas mon bacc comme un préalable pour la maîtrise en enseignement. Pas assez de crédits en littérature (un argument stupide du genre). Je capote! J’aimerais tellement me dire en plus que la formation me sera bénéfique et tout… mais à en croire les dires. Je perds tellement pour avoir ce satané bout de papier: du temps, de l’argent et même d’autres projets qui doivent être reportés ou refusés.

        C’est frustrant et démotivant!!! Mais je sais que je veux enseigner. Je veux le verbe, pas le titre!

  12. Flo
    12 novembre 2010 à 7:21

    Bonjour !
    Les propos de M. Marcotte à la 5ème minute de cet épisode viennent sauver l’ensemble du montage plutôt démagogique et peu mature faisant appel à des bribes d’échanges décousus.
    Bien sur que la formation universitaire a sa part de responsabilité dans la lassitude des étudiants, mais il est tout de même difficile de comprendre pourquoi les étudiants qui prétendent vouloir enseigner plus tard ne s’investissent pas dans des cours portant sur la didactique, l’apprentissage, la gestion de classe, la pédagogie, la connaissance de l’enfant, ou encore la connaissance du programme de formation (aussi critiquable soit-il).
    Ne sommes nous pas dans une culture du fast-food de l’apprentissage et de la formation professionnelle ? Est-il plus nutritif de manger un gros Big Burger bien gras en 3 minutes ou de prendre le temps d’un bon repas, lent, savoureux que l’on doit préparer avec attention (même si la partie d’épluchage des légumes, de nettoyage de la viande, de la cuisson et parfois longue et fastidieuse) ? Je suis désolé de vous dire qu’on ne devient pas un bon enseignant en un an et qu’on ne peut pas non plus être un bon enseignant sans s’investir dans sa démarche de développement professionnel, sans forger sa réflexion, sa culture générale, sans approfondir ses connaissances théoriques et bien sur sans mettre en pratique progressivement.
    Il y a certes des choses à améliorer dans la formation des maîtres, encore une fois, mais de grâce, prenons un peu de recul !

    • Eliane C.
      12 janvier 2011 à 6:32

      Je comprends bien que l’étudiante et l’étudiant ont un rôle à jouer dans leur approche de l’université. J’ai d’ailleurs lu plus haut que certains osaient mettre wikipédia en référence dans leur travaux.

      En tant que sociologue, je voudrais ajouter une dimension au problème. Plusieurs l’abordent d’ailleurs dans leur commentaire. J’aurais beaucoup de difficulté à blâmer les étudiantes et les étudiants pour leur manque d’investissement intellectuel dans leurs études. En effets, plusieurs facteurs peuvent influencer la motivation et le rapport au savoir de ceux-ci. Le peu de reconnaissance de la profession, la facilité à être admis en enseignement, le bas niveau exigé par les professeurs et le rapport au savoir dans la société en générale. J’ai fait des études en sociologie et, bien que les travaux étaient plus exigeants et les critères de corrections plus élevés qu’en enseignement, je côtoyais une pléthore d’étudiantes et d’étudiants qui étaient adepte du moindre effort et avaient comme objectif unique d’avoir une note intéressante.

      Nous sommes dans une société de la performance et de l’efficacité. Le langage de gestionnaire fait même maintenant partie de notre vie privée. Les étudiantes et les étudiants en enseignement en sont le reflet.

  13. MR
    11 novembre 2010 à 2:29

    Je voudrais féliciter le réalisateur de ce projet grandiose. Bien que je sois diplomée en droit, je vous une TRÈS FORTE ressemblance entre la baccalauréat en sciences de l’éducation et celui de droit. Tout ce qui est mentionné à propos de la «non-réalité» et des cours «inutiles» colle à MA réalité aussi. Pendant 3 ans, nous ne faisons AUCUN stage. Le seul stage qui doit être accompli se fait après la 4e année (soit après l’école du Barreau ou la Chambre des notaires). Tout ça pour dire que pendant 3 ans, je me suis posé les mêmes questions que les étudiants en enseignement. J’ai persévéré grâce à mes objectifs de carrière et mes idéaux. Et NON, je ne fais pas partie de la majorité des personnes qui se «pètent» les bretelles en disant que j’étudie ou j’ai étudié en droit.

    Pour ce qui est de la «difficulté» ou la «facilité» a entrer dans un programme universitaire, je me suis rendu compte que le plus dur n’est PAS d’entrer, mais bien d’y RESTER !!! Je crois que pour un étudiant, il est OBLIGATOIRE de se battre (i.e. étudier et angoisser) afin de comprendre pourquoi il fait autant d’effort et de vraiment apprécier ce qu’il est entrain de faire. Ceux qui ont «tout cuit dans le bec» et qui n’ont jamais eu «peur de couler» ne connaissent pas la réelle importance de leur diplôme. Mon commentaire vise vraiment à faire comprendre aux gens que je me sens interpellée par la déséducation, même si je n’ai pas étudier en enseignement. Cela veut donc dire que la déséducation touche TOUTES les sphères de l’éducation!

    Chapeau!

  14. Jean
    10 novembre 2010 à 10:30

    J’ai terminé mon baccalauréat en enseignement secondaire en avril 2010 et je partage la déception de plusieurs face à ma formation. Mais ce vidéo me laisse songeur.

    Comme l’ont souligné plusieurs, il me semble qu’on fait fausse route lorsqu’on critique la valeur intrinsèque des étudiants en enseignement. On n’aide certainement pas à la valorisation de ce métier en tentant de démontrer qu’on n’y trouve que des cancres.

    Bien sûr, l’université doit former un esprit critique et donner une vision de l’éducation. Mais elle doit aussi former de futurs professionnels outillés pour réussir la tâche qui leur est assignée. Ce qui fait cruellement défaut à la formation des maîtres, ce sont des cours nous confrontant à la réalité quotidienne de l’enseignement. C’est là un sujet qu’aborde trop peu cet épisode.

    Je débute le troisième mois de mon premier contrat. Si souvent, je sors de ma classe en maudissant une formation qui ne m’a pas appris à régler des conflits entre élèves, l’indiscipline, l’impolitesse, la démotivation. Mon seul cours de gestion de classe est demeuré hautement théorique. Je n’ai reçu aucun cours en psychologie de l’adolescence.

    À l’heure où l’on intègre de plus en plus les EHDAA, combien de fois me suis-je senti démuni devant des élèves intégrés dans mes classes régulières! Le cours sur les EHDAA a certes précisé les caractéristiques de chaque difficulté, mais il a omis d’expliquer comment agir pour les surmonter.

    Au moment d’évaluer mes élèves, combien ai-je regretté que le seul cours portant sur l’évaluation n’ait pas été adapté à ma matière. Que ce cours n’ait pas fait de différence entre l’évaluation d’élèves de secondaire I ou de secondaire V.

    De façon générale, pour appliquer des pédagogies mettant l’accent sur les connaissances préalables des élèves, on a demandé aux élèves de décrire ce qu’ils croyaient être un bon enseignement. Jamais est-on venu corriger par après pour discriminer le vrai du faux. Le professeur s’en tenait à ses propositions intéressantes, négligeant de nous amener plus loin.

    Heureusement qu’il y a eu des stages. Mais il faudrait plus. Il faudrait, comme le soulignent les deux enseignantes d’expérience dans le complément, accroître énormément les contacts entre les enseignants sur le terrain, les étudiants et les professeurs d’université. Développer des modèles de mentorat et d’accompagnement.

    Et surtout, si un administrateur de la faculté des sciences de l’éducation venait à lire ceci, qu’il ne se méprenne pas en croyant qu’il faut plus de cours de pédagogie et moins de cours sur la discipline que nous enseignons. Les cours disciplinaires que j’ai reçus étaient tous de grande qualité et au moins, je peux dire que grâce à eux, je connais ma matière. Ce qu’il faut, c’est s’assurer que les cours de pédagogie s’ancrent dans le réel. Sans quoi, nous continuerons à voir un enseignant sur quatre abandonner le métier au cours de ses cinq premières années d’enseignement.

  15. Philippe Valois
    10 novembre 2010 à 11:47

    J’étudie au doctorat en psychologie dans le but de faire une carrière universitaire et d’enseigner la psychologie. En même temps que mes études, je suis correcteur pour quelques cours universitaires, dont un depuis trois ans. Je remarque de plus en plus que les étudiants suivent un cours, non pas pour apprendre, mais pour avoir une note. Cette année, j’ai l’impression que les étudiants s’attendent à une bonne note, car ils payent pour suivre le cours. La moindre critique sur leur travail est sujet à un affrontement. Heureusement, il y en a quelques uns qui sont là pour apprendre et c’est à ce moment-là que je ne regrette pas mon choix de carrière.

    Continuez votre bon travail!

  16. Annie
    9 novembre 2010 à 11:39

    Je ne suis pas surprise de te retrouver ici. Autant nous étions similaires au secondaire, autant maintenant je pense l’être davantage, car crois-le ou non, moi aussi je viens d’être diplômée en Enseignement… J’ai fait un BAC en Enseignement de l’Art dramatique, à l’UQÀM. Bref, je n’écris pas pour parler de nous, mais plutôt pour te dire que ton premier webreportage m’a énormément touchée… Ce que tu dénonces est si vrai que je me sens maintenant en rébellion. J’ai mon diplôme et j’ai réellement l’impression d’avoir passé quatre ans de ma vie à payer des cours théoriques. Où sont mes cours pratiques, si on exclut mes stages, que j’ai supposément eus dans mon curriculum?! Je me sens comme étant vide et comme si j’avais tout à apprendre, à nouveau. Bref, ton reportage me touche et je vais le réécouter à l’instant, car les commentaires sont brillants. Je transmets ces vidéos sur mon mur Facebook dès maintenant.

    Merci Mathieu!

    Mlle « Jambon fromage avec extra Et Dieu se gâta.. » 😉

  17. Andréane
    9 novembre 2010 à 11:03

    Que de vérités dans ce premier webisode.

    J’ai le souvenir d’avoir eu comme lecture obligatoire – lors de ma première session du bacc en enseignement au secondaire – un livre dont le titre était (et est toujours) extrêmement révélateur: « Main basse sur l’éducation ». On y retrouvait des chapitres avec des titres tout aussi pertinents: « Critique de la (dé)raison pédagogique » ou encore « La formation des maîtres du secondaire ou comment avancer en arrière ». Dans les quelques 400 pages de ce livre, on m’apprenait que la formation que j’allais suivre pendant 4 ans serait inutile et sans fondement. Et à ma grande surprise, ce fut le cas.

    C’est après ma formation universitaire que j’ai commencé mes réels apprentissages en gestion de classe ou en accueil des élèves intégrés. Ce n’est pas dans mes cours à l’université où l’on m’a enseigné à fermer les lumières pour obtenir le silence en classe (dois-je rappeler que j’enseigne au secondaire) que je me suis équipée de méthodes efficaces d’intervention.

    Après 5 ans d’enseignement, à changer d’école et de niveau à toutes les années, sans permanence en vue avant au moins 10 ans, dans un contexte de décroissance de la clientèle scolaire, avec des élèves de la génération des « enfants rois », dans une région où les écoles privées ont plus de demandes que de places à offrir, au moment où les directions d’école essaient de nous contrôler de plus en plus dans notre autonomie professionnelle, je m’accroche encore à ma passion de transmettre des connaissances. Je me déplace dans ma classe en me disant que j’aime ce que je fais, que je ne me vois pas faire un autre métier… Mais pour combien de temps encore?

  18. Mathieu Gélinas
    9 novembre 2010 à 1:24

    Selon moi, c’est une très belle façon de présenter un point de vue qui selon moi à beaucoup plus de vrai que de faux. Une majorité d’étudiant ne pensent qu’à la fin de leur Bac, sans se soucier de ce qu’ils apprennent.( Ou n’apprennent pas dans le contexte présent.) Il y un manque flagrant de culture générale au sein des étudiant en enseignement, et selon moi c’est de très près lié au désintérêt des cours et de la « pédagogie ».

    Bref, petit exemple loufoque qu’un ami ma racontée:

    Dans une classe de 100 élèves, environ dix élèves n’ont pas été capable de répondre à une question aussi simple que; Nommez-deux pays d’Europe.

    Je trouve que sa manque de « classe » pour faire un jeux de mot poche.

  19. christine
    9 novembre 2010 à 9:55

    Au delà de la formation des maîtres, la structure même du système d’éducation est complètement à revoir. On se perd dans des considérations qui n’ont RIEN à voir avec l’éducation et les jeunes: syndicat, subventions, administration, contrôle d’école qui n’ont plus rien d’humain de par leur taille…
    J’ai rencontré des enseignants passionnés, compétents, épuisés, découragés… parce qu’ils refusent de se résigner à laisser tomber les jeunes. Oui! il y a de mauvais maîtres, oui la formation de 4 ans au Québec en fait des techniciens, mais ici l’université ne fait que récolter ce qui a été semé et perpétue le ‘pattern’ des écoles secondaires: un français mal maîtrisé, une absence d’autonomie et de responsabilisation des étudiants face à leur apprentissages. Suivre des cours conduit au diplôme et ouvre la porte à un emploi, peu importe la compétence. SI on accepte de s’asseoir sur les bancs de l’école on a une chance d’avoir un emploi payant (le plus longtemps on reste assis, le plus payant cela peut être). L’éducation au Québec (je ne parlerai pas d’ailleurs) forme des travailleurs, des techniciens, des ouvriers, des gens qui respectent les consignes
    On a sérieusement besoin de redéfinir ce qu’est l’éducation au Québec. Au moins si l’on choisit de former des techniciens et non des esprits critiques on le fera de façon informer.
    Les écarts entre les classes sociales ne font que s’aggrandir, la classe dirigeante ayant le monopole des grandes écoles, d’une éducation culturelle et académiques qui leur permet de mener la masse.

  20. Marie Francce
    8 novembre 2010 à 6:30

    Il est certaine qu’il faut changer notre façon de voir l’enseignement. Mais il faut avant tout accepter la différence. Plus de 15 ans dans l’enseignement, j’ai cherché longtemps un patron qui accepterais d’échanger et de chercher des solutions au lieu de fuir les problèmes. Un problème plus grand que nous pouvons régler en acceptant la différence entre les enseignants. Est-il obligatoire de faire quatre ans en pédagogie pour devenir enseignant? Serait-il possible qu’on accepte une personne qui a étudié en politique en ajoutant une année ou deux en enseignement. Le jugement entre les enseignants fait qu’on oublie pourquoi nous sommes là. Avoir une maîtrise aujourd’hui donne accès au respect et à un titre. Avoir vingt ans d’expérience avec le désir d’avoir du plaisir ne semble pas avoir autant d’importance. Avoir du fun… Pourquoi nous ne pouvons pas avoir du fun…

  21. Michel
    8 novembre 2010 à 2:42

    Je vais en premier lieu vous parlez de moi! Décrocheur du système de l’éducation, peut être ou simplement en pause, nous verrons. Enseignant durant 8 ans j’ai pu vivre ma passion et pousser des jeunes à l’excellence. Être dynamique, visionnaire, efficace dans sa classe c’est possible. Étendre à l’école pour un milieu de vie global et par soucy social, bonne chance!

    Je suis devenu directeur pour pouvoir aider plus de jeunes. Oups! Les enseignantes avec un manque d’ouverture, des problèmes de français, une syndicalisation à toute épreuve, et j’en passe, sont légions. Le système est attaqué par l’intérieur même de la classe. Pour finir la cimentation, la commission-scolaire bureaucratise le tout et détruit les visions de changement. De plus en plus de bureaucrates de moins en moins de personnel dans les écoles … Waw! C’est pas d’hier que l’école échoue en mathématique finalement.

  22. Maurice Rouette
    8 novembre 2010 à 1:28

    Je ne suis pas un enseignant . Je suis un économiste à la retraite qui a tâté un peu à l’enseignement. Le discours pédant et méprisant des professeurs et chercheurs est choquant pour les enseignants . Le plus comique est d’entendre que la formation est trop centrée sur des éléments comme la gestion de classe, la pédagogie, la discipline . Incroyable, on reproche à la formation d’être trop technique, de ne pas procurer de vision . Croyez-moi, durant mes années au travail, entendre parler de Vision, de Mission, soulevait l’hilarité générale dans les troupes . Donc, en résumer l’Université préparerait mal les étudiants au marché du travail, laisser moi vous dire que j’ai déjà entendu ça dans d’autres secteurs d’emploi . Il est certain que les changements qu’ils y auraient à apporter pourront difficilement provenir des pelleteux de nuages que l’on voit dans cet épisode . En fait, combien de ces penseurs seraient en mesure de faire face à une classe . Ils sont plutôt aptes à pondre réforme après réforme . Pendant ce temps là les enseignants sur la première ligne doivent survivre. Une piste pour les changements : moins de fonctionnaires penseurs et plus de ressources techniques (eh oui) sur le terrain.

    • Alexandre
      9 novembre 2010 à 8:23

      Je suis complètement en accord avec vous. Je suis enseignant depuis dix ans et les nouveaux (jeunes profs et stagiaires) font la même critique de leurs quatre années passées à l’université que je faisais à l’époque : trop de théorie, de blabla et pas assez de concret. Attention, je ne suis pas contre la théorie. C’est bien, avoir une philosophie de l’enseignement mais ce qui compte, ce qui va faire qu’un jeune enseignant va survivre à ses premières années dans la profession, c’est sa compétence à planifier ses cours et à gérer sa classe. En effet, après avoir obtenu mon diplôme, je n’ai pas discouru sur Rousseau avec mes anciens camarades de classe mais j’ai planifié des cours et géré une classe. En fait, quatre classes (trois groupes de français de niveaux différents allant de la 1re à la 3e secondaire avec un groupe d’art dramatique de 2e secondaire). À ce moment, j’ai regretté ne pas avoir eu plus de cours de gestion de classe. Ou de meilleurs cours, donnés par un professeur qui n’est pas déconnecté du milieu scolaire québécois actuel ou un chargé de cours qui est plus intéressé par ses étudiants que par sa paie à chaque deux semaines! Selon moi, une philosophie, une vision de l’enseignement et de l’éducation devrait être plutôt éveillée, mise de l’avant à travers chacun des cours universitaires dits « plus concrets ». Un étudiant en médecine ne passe pas toutes ses années universitaires à deviser sur le serment d’Hyppocrate ni à lire et relire l’histoire de la médecine depuis Gratien. Entre autres, il doit étudier les parties du corps, les maladies et leurs symptômes et il apprend à opérer. N’est-ce pas plutôt technique? De toute façon, je trouve que ce dédain à tout ce qui est technique (dédain assez caractéristique aux Québécois) plutôt limitatif et je ne suis pas surpris que ceux à l’exprimer le plus proviennent du milieu universitaire.

  23. michel chabot
    7 novembre 2010 à 10:08

    Finalement de la vérité,

    Je suis très heureux de savoir que nos enseignants ont une conscience. Des vues, des ambitions qui leurs sont étouffé. Quelle horreur de vivre avec des êtres vivant et de ne pas pouvoir les entourés des besoins nécessaire à leur éducation propre.
    Cette publicité qui passe à la télé que l’éducation d’un enfant va avec l’aide des parents que sinon c’est l’échec de l’enfant… Est-ce un crie d’alarme des enseignants pour que l’ont complet un travail que eux ne peuvent faire, du a une ligne qu’ils ne doivent dérogé sinon??
    La grosse majorité de nous parents sommes soucieux de nos enfants et leurs apprentissages. Nous voulons et désirons leurs réussites, dans une future vie active.
    Mais nous n’avons pas tous des années d’université pour élevé nos enfants. Nous désirons seulement que leurs éducateurs sois à la hauteur de leurs formations. Votre but M. Desjardins est très bon et j’attends la suite. Je garde espoir que ceux qui sont du haut de leurs gratte-ciel prennent conscience de leurs erreurs. Aussi est vraiment trop gros et trop bureaucrate et complètement inutile et trop onéreux coupé dans les fonctionnaires et remettre l’argent aux directeur-trice car eux seul savent leurs vrai besoin.

    • David B.
      8 novembre 2010 à 11:55

      Votre questionnement concernant le rôle des parents est juste Monsieur Chabot.

      Il est en effet vrai que plusieurs parents ne se sentent pas à la hauteur lorsque vient le temps d’accompagner leurs enfants (ou adolescents) dans certaines de leurs matières scolaires. Le parent est limité par sa formation scolaire, mais aussi par son temps et ses nombreuses responsabilités, surtout dans un monde qui devient de plus en plus précaire.

      Toutefois, plusieurs recherches scientifiques montrent, tant au Québec, que dans le reste du Canada et aux États-Unis, que l’attitude des parents jouent un rôle très important dans la réussite scolaire (résultats académiques, poursuite des études, adaptation au contexte scolaire) de leurs enfants. Cette attitude peut prendre la forme d’écoute, d’encouragements, d’encadrement, etc., sans pour autant être de l’aide directement reliées aux matières scolaires.

      Je crois que ces publicités dont vous parliez précédemment désirent promouvoir l’intérêt des parents pour l’éducation de leurs enfants, tout simplement.

  24. Steve
    7 novembre 2010 à 9:50

    Jusqu’à un certain point, c’est normal de terminer ses études universitaires, peu importe la discipline, avec une certaine dose de cynisme. On pourrait aller jusqu’à dire que c’est la démonstration que l’étudiant fait maintenant preuve d’esprit critique, puisqu’il est maintenant apte à critiquer le système même qui lui a donné cette capacité.

    J’ai passé huit ans dans un département d’études littéraires, comme étudiant, chercheur, correcteur, auxiliaire, et chargé de cours, pour ensuite devenir enseignant au collégial. Je ne regrette aujourd’hui aucune de ces huit années, d’autant plus qu’ils m’ont mené directement à la carrière passionnante, motivante, et profondément satisfaisante que j’ai aujourd’hui. Par contre, c’est un discours que j’ai avec du recul. Si vous m’aviez demandé au moment où j’ai quitté le département, vous auriez eu comme réponse une série de commentaires cyniques sur la futilité de la recherche en sciences humaines, l’hyperspécialisation, la tour d’ivoire, l’élitisme, et plus encore. J’avais même commencé à écrire un article à ce sujet.

    Dans mon cas, c’était un cynisme relativement inoffensif. Ici par contre c’est bien pire : c’est carrément tragique ce portrait des départements d’éducation; de quoi faire changer d’orientation toute une cohorte. Est-ce un tantinet exagéré? Gaspille-t-on vraiment quatre ans de sa vie à faire un Bac en enseignement pour en ressortir lobotomisé, désillusionné, et prêt à changer de carrière avant même d’avoir commencé celle-ci? N’y a-t-il pas un autre côté de la médaille que cette épisode laisse de côté? Pour l’instant, je partage le même questionnement que d’autres, dont Tristan très clairement, ont déjà évoqué, à savoir si la suite du documentaire laissera place à une critique constructive de l’éducation au Québec ou se perdra dans de tristes constats sans perspective et dans le négativisme acharné

    Ceci-dit, je comprends que le documentaire cherche à choquer beaucoup et à informer un peu, et à ce compte le premier épisode est irréprochable. Il capte l’intérêt en plongeant dans un certain sensationnalisme, mais sans toutefois s’y noyer. J’ai hâte de voir le reste.

  25. Daniel Bérubé
    7 novembre 2010 à 8:36

    Dernière intervention…
    Pour répondre à la troisième question du web.: Après combien de temps devra-t-on les retourner pour bris ou défectuosité ?
    C’est dommage, mais je crois que nous sommes à l’époque du « utiliser – jeter » …

  26. Daniel Bérubé
    7 novembre 2010 à 8:28

    Point supplémentaire à l’école privé:
    Un grand honneur aussi était ressenti quand la classification permettait de constater une amélioration, chose qui ne pouvait faire autrement qu’être ressenti aussi par les parents y ayant envoyé leurs enfants, et qui avec le temps, pouvait devenir comme un sein défi a relever, ce que l’on peut appeler seine compétition.

  27. Daniel Bérubé
    7 novembre 2010 à 8:11

    À Martin S.

    Sincère félicitation à Mr. Côté Desjardins d’avoir mis en place ce mouvement collectif de sensibilisation et de communication qui semble connaître un bon départ, sa réussite dépend maintenant de l’agir collectif.

    Quand Mr. Martin S. demandait si l’éducation serait meilleure si donné par le privé, selon moi: oui. Le privé avait un point vital que l’enseignement général donné aujourd’hui ne peut posséder, le système gouvernemental ayant partout au Québec la mëme tête: Le Ministère de l’éducation. Ceci vient un peu comme tuer une seine compétition qui est toujours existente entre mainsons d’enseignements privées. Les maisons d’enseignements priviées tiendront beaucoup plus compte de leurs classements régionnal, provincial, voir nationnal, que l’école gouvernementale du même secteur, qui elle n’aura sans doute pas à attendre des « subventions » meilleures du Min. de l’éducation. L’école privé qui verra augmenter sa cote pourra par le fait même apporter légère augmentation à ses frais de cours…

  28. Michael L.
    7 novembre 2010 à 7:01

    Je suis en grande partie d’accord avec ce 1er épisode. Je suis moi-même étudiant de 3e année en éducation.
    Le moindrement que l’on étudie ou que l’on écoute en classe, on obtient un B+. Une enseignante nous a demandé de remettre 3 travaux cette session : les étudiantes (pcq il y a maintenant à peine de garçons dans les programmes d’éducation) se sont enflammées pour demander à l’enseignante de retirer un des travaux exigés comme l’avait fait un autre. Il y a toutefois des cours et des enseignants très intéressants, tout n’est pas sombre.
    J’espère que cette série proposera sa propre vision de l’éducation et qu’elle ne fera pas que critiquer ou pointer le doigt. Une des meilleures facettes du métier d’enseignant est que, nous a-t-on dit, une fois la porte close, celui-ci est maître de sa classe, il peut donc enrichir de connaissances ses élèves; il peut par contre aussi contribuer à étaler l’ignorance générale s’il est un cancre qui s’est faufilé grâce au système.

  29. Gérard
    7 novembre 2010 à 5:35

    Souvenez-vous quand Mario Dumont a suggéré d’abolir les commissions scolaires et surtout de  »dégraisser » les ministères(dont celui de la déséducation!),comment cette idée avait été reçu par les 2 autres partis a Québec.On a meme comparer Dumont et son parti a Jean-Marie le Pen en France!!Pourtant je crois qu’une TRES grande part des problèmes en ‘déséducation'(et dans tout les autres ministères)prennent racines par les décisions prises par ces bureaucrates ou technocrates appelez les comme vous voulez mais le résultat final est toujours le meme;constat d’échec quasi total vécu sur le terrain par ceux-la qui par  »hasard » ne sont JAMAIS consultés AVANT la mise en place des supposés réformes émanant de ces bien pensants issus des hautes sphères du ministère.Je dis BRAVO a tous les enseignants du Québec pour leur courage et leur loyauté envers nos enfants!

  30. Julien Royal
    7 novembre 2010 à 4:23

    Une grande partie du problème se cache selon moi derrière l’instrumentalisation du savoir qui s’opère dans nos institutions d’enseignement. La mise de l’avant de formations « just in time » hyper spécialisées par l’université dans le but de noter en fonction des compétences requise pour le job futur est déplorable. Notre société à reléguée l’éducation à un processus de production de travailleur. Nous avons clientélisé les étudiants et mécanisé le processus d’éducation supposé faire d’eux de bons professeurs pour nos enfants. Bref, la production de profs doit être optimisée dans l’espoir que ces derniers puissent diplômer (je ne parle bien entendu pas d’instruction ici) le plus rapidement possible les jeunes qu’ils vont avoir sous leur charge. La faute n’est pas aux étudiants, elles repose sur les épaules de nos dirigeants.

    Un de mes prof de sociologie au CÉGEP m’as d’ailleurs fait lire un de ses textes sur le sujet et dont je garde toujours une copie sur mon ordinateur. En voici un extrait:

    « Les mutations récentes de l’école l’ont fait passer d’une institution traversée par des finalités éducatives et sociétales à une organisation dont le mandat est d’offrir un service à des clients.

    On ne semble pas toujours remarquer le lien entre le virage clientéliste de nos institutions d’enseignement, et cette posture « exigeante » souvent adoptée par les étudiants : on leur reproche de ne considérer que ce qui est demandé à l’examen, d’être rébarbatifs devant l’effort que demande la lecture, quand ce n’est pas d’être carrément ignorants (voir le récent livre de Patrick Moreau, Pourquoi nos élèves sortent-ils de l’école ignorants?). Il semblerait que cette exaspération devant le clientélisme des étudiants ne débouche pas sur une réaction tout aussi exaspérée face au virage marchand et utilitariste de l’éducation. Or, est-ce aux étudiants qu’on doit reprocher de suivre les consignes des élites? Suivre les consignes, c’est peut-être ce que tout le monde fait, si l’on considère que les lois du marché agitent les grands, comme les petits, telles d’innombrables ficelles détenues par une main invisible et tirant nos discours vers le géant Capital. Sous cet angle, la posture clientéliste de certains étudiants n’a rien de dysfonctionnel : ceux-ci ont simplement déjà intégré la formule selon laquelle seul ce qui est relié au travail a de la valeur. »

    • 6 janvier 2011 à 10:17

      D’accord, mais une fois ce constat établi, que fait-on? Le client n’a t’il pas toujours raison? L’enseignant devrait tenir mordicus à ses traditions pédagogiques?

  31. 7 novembre 2010 à 2:57

    Martine
    Quelle belle initiative de parler d’éducation par son contraire!Cela évite de s’endormir sur des voeux pieux… Après avoir passé à tous les paliers d’enseignement primaire-secondaire-universitaire comme enseignante, cette passion m’habite toujours après 45 ans de vie professionnelle. J’ai toujours vécu cette passion en aimant les personnes dont l’idéal était de construire des humains responsables et qui donnent tout le potentiel qu’ils possédaient. La première aptitude pour devenir enseignant est à mon avis d’aimer apprendre, être curieux de ce qui existe et partager cette passion avec les apprenants. Oui, on peut tuer ce goût d’apprendre à l’école, j’en ai vu qui le faisaient malheureusement…Mais il y a aussi les autres qui avivaient cette passion et d’eux aussi, il faut parler…Il n’y a pas que des techniciens en enseignement-il y en a trop hélas- mais il y en a qui font surgir le désir du dépassement et d’une humanité plus évoluée et plus consciente. Merci M. Côté Desjardins de permettre ce dialogue, en autant qu’il en soit un constructif et permette l’émergence d’une génération d’enseignants soucieux de leur rôle d’éducateur.

  32. David B.
    7 novembre 2010 à 2:00

    Cette critique d’une partie du système d’éducation montre que notre cher système n’est pas si inutile que ça : il permet à ses étudiants de questionner le monde qui l’entoure et de le remettre en question sur la place publique.

  33. 7 novembre 2010 à 12:06

    Ça donne vraiment envie d’écouter les autres épisodes!!!

    J’ai reconnu plusieurs amies dans ce que vous racontez! J’ai connu plein de personnes passionnées qui n’ont jamais terminé leur BAC en enseignement, car ça les rendait amères et désillusionnées de l’enseignement; dommage…

  34. Pierre Bédard
    7 novembre 2010 à 10:56

    Me voilà ahuri!

    Je crois maintenant que je suis un résident d’un pays magique ou que je suis l’exception qui confirme une malheureuse règle car ma formation ne reflète que peu ce qui est décrit dans ce vidéo.

    Je suis étudiant au baccalauréat en enseignement du français au secondaire à l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue et l’éducation que j’y reçoit me semble être ici hors norme.

    Depuis le début de ma formation, il m’a été enseigné d’être critique, de sortir des sentiers battus, de me réinventer constamment, d’abandonner le matériel pédagogique prédigéré et de faire de l’expérience d’apprentissage une expérience authentique. Finalement, de refuser d’être un vulgaire passeur de connaissances. À cet effet, mes stages, bien que j’y apprenne des éléments, sont perçus comme une occasion de jouer le rôle d’un suppléant et non pas d’un stagiaire. Ce sentiment est partagé avec mes collègues. Nous avons tous très hâte d’avoir notre diplôme afin d’arrêter d’être obligé de faire comme tous les autres enseignants. À cet effet, nous disons souvent à la blague qu’il nous faudra ouvrir notre propre école afin de pouvoir garder la même vision.

    Certes, j’approuve certains points concernant les impacts du fait que les programmes ne sont que peu ou pas contingentés, que les élèves sont parfois perçus comme des vaches à lait permettant de faire vivre les universités et que la formation nécessite certains ajustements. Mais comprenez bien que quand les cohortes ne produirons que peu de diplômés, c’est les écoles qui en paieront le prix. Avant mon retour à l’université, j’ai fait de la suppléance pendant deux années complètes sans être qualifié car il n’y avait pas de personnel à engager! Désire-t-on encourager ce système où la ressource étant rare, on comble le besoin comme on le peut?

    La fierté que j’ai d’étudier à l’UQAT vient de se confirmer. Une petite université qui promulgue de grands savoirs!

  35. Claudia Provencher
    7 novembre 2010 à 10:37

    Merci à Jean-François Tremblay pour ses propos que je considère justes et honnêtes sur la formation universitaire des enseignants. On reçoit une formation universitaire, mais il faut ensuite se l’approprier.

    Je suis présentement en stage 4 dans une classe de deuxième année et je me sens à ma place. Je réfléchis chaque jour sur ma pratique et je tente de m’améliorer en discutant avec mon enseignante associée et en m’informant sur divers sujets reliés à la profession. Oui, il y a beaucoup d’apprentissages sur le terrain. Mais, est-ce que ce n’est pas normal?

    Je ne pourrais pas affirmer que les cours que j’ai suivis à l’université étaient tous pertinents, mais dans l’ensemble je suis satisfaite du cheminement proposé. Grâce à mon stage, je suis en mesure de valider certains apprentissages faits à l’université. Je ne crois pas qu’un cours d’un an (comme en Ontario) m’aurait permis de devenir l’enseignante que je suis.Je suis une jeune femme passionnée de culture et je compte bien transmettre mes idéaux à mes élèves. De travailler avec les enfants tous les jours me pousse à vouloir leur offrir le meilleur de moi-même. Certains vivent des situations difficiles à la maison, mais j’ose espérer que je saurai faire une différence leur vie.

    Je suis idéaliste,utopiste? Oui, certainement. Ce webisode me fait réfléchir, mais il me donne surtout envie de prouver qu’il existe des enseignants passionnés et cultivés qui ont envie de se dépasser.

    Je sais que les premières années seront difficiles et exigeantes, je ne peux pas le nier. J’espère de ne pas me laisser décourager par le système ou les enseigants démotivés.

  36. Maxime
    6 novembre 2010 à 11:09

    Mais où est-ce qu’on s’en va ? À chaque jour j’apprends et je vois de nouveaux problèmes. Le Québec est malheureusement en chute libre et l’on regarde la parade passé. Le troupeau s’en va droit vers la falaise et le berger regarde de l’autre côté ou dort tranquilement alors qu’il devrait veiller et protéger les pauvres petits québecois du méchant loup qui les guette. Je ne vois que de l’inertie autour de moi et je ne sais pas quoi faire pour faire bouger les choses. J’ai beau essayé de battre des ailes, mais je ne fait même pas bouger un brin d’herbe. Je ne vois que de l’inertie et des gens qui bêlent. Ah oui ! pour bêler nous sommes forts. Comme on a dû bêler fort sur les plaines d’Abraham, mais ça ne nous a pas donner la victoir. Il faut savoir se taire et vouloir agir. C’est pourquoi je dis BRAVO à cette websérie. Un petit pas, qui j’espère en fera allumer plus qu’un et fera allumer le berger qui dort pendant que son troupeau se disperce et s’affaiblie. J’espère que les gens comprendront et qu’ils agiront avant que l’on voit la fin du Québec.

  37. Sophie
    6 novembre 2010 à 7:07

    Je suis en total accord avec le fait qu’il manque un gros quelque chose à la formation. Je mets par contre un bémol lorsque l’on sous entend que les enseignants qui en sortent sont forcément pourris. Plusieurs restent passionnés et feront d’excellents enseignants heureusement.
    Ce n’est pas mon cas, je me suis tout simplement retiré du milieu. 4 années de ma vie jetées à la poubelle sans compter tout cet argent venant des poches des contribuables.
    Peut-être que si la formation m’aurait mieux préparé, je serais enseignante depuis déjà 5 ans au lieu de me perdre dans des « jobines » pas payantes en me demandant… ENCORE… ce que je veux faire de ma vie!
    J’ai hâte de voir la suite!

  38. Nadyne Tremblay
    6 novembre 2010 à 6:16

    J’enseigne la littérature au niveau collégial, et je ne suis aucunement surprise de ce que vous dénoncez. Mes étudiants, que je vois quitter pour l’université pour la plupart, ne sont pas prêts à y entrer… En fait, ils sont arrivés au cégep sans y être prêts. Comment voulez-vous qu’ils deviennent des enseignants compétents ? Ils ont été formés par des enseignants peu motivés, avec peu ou pas de culture générale. Bien sûr, je généralise, mais quand même…
    L’autoroute de l’éducation : 60 minimum. Lorsqu’une moyenne est trop faible, c’est le prof qui est questionné et non les étudiants. Trouvez l’erreur.

  39. Véronique Brodeur
    6 novembre 2010 à 5:13

    Je suis enseignante en première secondaire depuis cinq ans (et future maman) et certains propos de cette vidéo m’irritent profondément.

    Je suis désolée d’entendre que les gens pensent que les étudiants en éducation (j’en étais une il n’y a pas si longtemps) sont des espèces de cancres qui n’ont pas ce qu’il faut pour devenir avocat ou médecin. Ce n’est absolument pas vrai. C’est un choix éclairé que nous faisons la plupart du temps, surtout pour ceux qui, comme moi, ont persisté dans la profession. Les autres ont abandonné durant la première ou la deuxième année du baccalauréat, surtout après les stages.

    Les étudiants veulent apprendre, veulent comprendre, veulent s’améliorer, veulent enseigner. On ne choisit pas l’enseignement en deuxième choix, c’est une vocation. Il faut revaloriser la vision que la société a de la profession enseignante, l’éducation étant la base de la société.

    Oui, une culture générale est nécessaire, mais les programmes en éducation ne sont pas construits de façon adéquate afin de nous la donner. Je suis extrêmement chanceuse car, curieuse de nature, je me suis donné les moyens pour acquérir une culture générale solide que je transmets maintenant à mes élèves. C’est ce que mes collègues ont fait aussi.

    La gestion de classe, la pédagogie, la compréhension des programmes (malheureusement prescriptifs) à enseigner sont nécessaires si on veut être capable de bien travailler avec une classe. À mon avis, il faut revoir le contenu des cours offerts à l’université et surtout la qualité des professeurs, trop souvent des chargés de cours, qui les donnent, car les contenus sont trop éloignés de la réalité de la classe. C’est pourquoi nous trouvions souvent, mes collègues de promotion et moi, que les stages nous préparaient mieux à notre future carrière.

    Les enseignants ne peuvent être tenus responsables de la piètre qualité des cours qu’on leur offre, surtout quand, pour enseigner, il faut un brevet et que la seule façon d’obtenir ce brevet c’est de compléter un baccalauréat de quatre ans en éducation.

    Je ne souhaite pas nécessairement le retour au certificat en éducation, car je me considère mieux formée en pédagogie et en didactique que mes collègues qui sont passés par ce système, mais il faut que les programmes soient continuellement améliorés si on veut réussir à faire de la profession enseignante un vrai pilier de la société.

    Surtout, il faut arrêter le discours qui raconte que les enseignants actuels ne sont là que pour faire leur temps. Je considère que j’ai un rôle dans la société tout aussi important (sinon parfois plus) que mon frère qui est ingénieur, que ma belle-sœur qui est ergothérapeute, que ma cousine qui est anesthésiste ou que mon amie qui est avocate.

  40. Jean-François Tremblay
    6 novembre 2010 à 2:26

    Bonjour,

    Il est vrai que ceci n’est que le 1er épisode d’une série. Néanmoins, après réflexion, je ne suis pas d’accord avec la vision de la formation des enseignants proposée et dénoncée par cet épisode.

    On ne reçoit pas une formation universitaire; on se la construit. Les cours universitaires deviennent inutiles si, en tant qu’étudiant, la réflexion s’arrête à la sortie de la classe et de l’examen. Ils constituent plutôt d’excellents outils si on fait le travail de transfert, de réinvestissement, dans notre vie professionnelle (je ne peux pas parler pour toutes les universités, mais du moins, pour Laval).

    Toutefois, j’en conviens, ce travail est très exigeant et demande vraiment de se creuser les méninges. Plusieurs de mes anciens collègues étudiants ne voyaient même pas en quoi tel ou tel cours pourrait leur être utile (mais pourtant!). Toutefois, n’est-ce pas légitime d’avoir ces attentes face à des professionnels? Bien sûr que ce l’est! Mais, ça demande, comme il a été mentionné dans la vidéo, de l’intégrité intellectuelle, morale, et j’ajouterai professionnelle.

    Ayant terminé mon bac l’an passé, je suis pourtant beaucoup moins pessimiste que cet épisode. J’ai côtoyé, depuis quelques années, j’en suis persuadé de prometteurs futurs enseignants et d’excellents enseignants qui se questionnaient sans cesse, qui discutaient pédagogie, qui étaient soucieux de donner le meilleur enseignement possible, bref, des passionnés qui réfléchissaient, intelligents, et intègres envers leur profession.

    Personnellement, je suis en général très satisfait de la formation que j’ai suivie, tellement, que je poursuis présentement des études au deuxième cycle, car je suis convaincu qu’elles m’outillent encore davantage. Je sens que mon potentiel est tout à fait développé afin que je devienne, avec encore de la pratique – de la pratique réflexive -, un excellent enseignant.

    Toutefois, je suis d’accord qu’une meilleure sélection des candidats à l’admission et qu’une valorisation de la profession augmenteraient assurément la proportion de « praticiens réflexifs » par rapport aux « techniciens éducatifs ».

  41. Marie-Christine
    6 novembre 2010 à 12:16

    Wow!
    Je suis complètement ébranlée par la justesse de vos propos. Je suis présentement en troisième année du baccalauréat en éducation préscolaire et enseignement primaire et, l’épisode que je viens de voir exprime exactement mes dires depuis la toute première année.

    Je ne comprends pas pourquoi la cote R pour entrer dans un programme d’éducation est souvent l’une des plus basses des programmes universitaires. Les enseignants existent pour construire l’avenir, pour faire progresser ceux qui nous succèderont. Comment ce fait-il que nous nous contentons d’avoir des gens pour qui cette profession était le plan C, D, E de leur choix de carrière? Que je sois claire, je n’ai pas de problème avec ceux qui se réoriente suite à un essai dans un autre programme. Je parle de ceux qui ont été refusés, par manque de succès au collégial, et qui se disent : « Bah, je vais aller en enseignement, je vais rentrer c’Est certain et je vais être bien : vancances de Noël et d’été » Allo!? Tu ne fais pas ca pour les bonnes raisons!

    Par ailleurs, je suis aussi d’avis que ce n’est qu’en stage que nous pouvons vraiment apprendre. Comment ce fait-il que nous ayons des professeur ou chargée de cours qui n’ont même jamais mis les pieds dans le milieu scolaire? Qui sont-ils pour venir me dire quoi faire? Ce qui est dit dans les livres et ce qui est vécu dans les classes sont des oppositions flagrantes.

    Bien honnêtement, je ne crois pas que mes quatre années de formations m’auront appris autant que cela devrait être. Je peux compter sur les doigts d’une seule main les enseignants que j’ai appréciés et qui m’ont vraiment appris. Les stages sont toutefois très bénéfiques! Et ce sans contredits! Les superviseurs de stages sont souvent ceux qui nous apprennent le plus et qui s’y connaissent davantage!

    C’est vraiment dommage… Cette formation devrait en être une pratique et concrète basée sur le vrai monde scolaire, le vrai milieu.

  42. Nancy Fiset
    6 novembre 2010 à 12:02

    Bien que je comprenne la désillusion de certains jeunes professeurs, je ne suis pas d’accord avec la généralisation. Étant en 4e année de bac en enseignement de la musique à l’Université Laval, je ne peux que louanger mes enseignants pour la qualité de leurs interventions. Je suis en stage en cours d’emploi en région d’origine et j’ai une tâche de 100%, je suis en voie de réussite, car tout ce que j’ai appris à l’université me sert actuellement. Je me sens parfaitement formée pour mon emploi. Je me questionne sur la pertinence de critiquer la formation des maîtres…Tout comme nous pouvons connaître tous les noms des outils dans notre coffre et leurs utilités, ce n’est que lorsque nous sommes obligés de les utiliser que nous apprenons vraiment. Vous savez: la fameuse phase de transfert…Je crois que pour réussir en enseignement, il faut, dès notre entrée dans notre emploi, bénéficier d’un soutien constant des autres enseignants, de la direction et de la commission scolaire.

  43. 6 novembre 2010 à 12:14

    Que faire lorsqu’un programme en difficulté reçoit des étudiants qui n’arrivent pas à développer les compétences minimales de ses cours ? Doit-il constater leurs échecs et par conséquent fermer ou doit-il baisser ses exigences pour survivre ?

    Qu’arrive-t-il si dans une classe pour une matière donnée un nombre exceptionnel d’étudiants échouent ? Qui sera blâmé ? Est-ce que tous les étudiants en situation d’échec échoueront ?

    Pourquoi le perfectionnement des enseignants se fait-il sur une base volontaire ?

  44. 5 novembre 2010 à 11:26

    Bien avant ce visionnement, j’estimais à 15%, tout au plus, ce que j’ai conservé de mes cours à l’université, et dont je me sers dans ma carrière d’orthopédagogue.
    Un fois le diplôme empoché, il est tentant d’oublier que ce n’est pas la fin, mais le début de leur véritable formation.
    C’est au contact des élèves et en s’appropriant une formation continue en lien avec les défis qu’il rencontre que l’enseignant peut se réaliser pleinement.
    La formation universitaire se résume trop souvent en un ensemble disparate de connaissances plus ou moins utiles, concrètement. S’il est vrai que les enseignants sont loin de s’attendre à ce qui les attend, c’est surtout parce que certains éléments n’ont carrément jamais été abordés dans leur formation. Ce sont d’excellents didacticiens, voués à n’enseigner qu’à des classes d’élèves standardisés et uniformes. La réalité est cependant bien loin de cela.
    C’est normal. Les professeurs universitaires sont trop souvent bien loin de la réalité vécue en classe. S’ils y ont déjà mis les pieds,en tant qu’enseignants, c’était il y a bien longtemps…

    Ils détiennent un doctorat et font de la recherche.
    Je veux bien, mais les enseignants ont du mal à maîtriser ce que nous savons déjà au sujet du processus d’apprentissage…
    Faudrait commencer par ça et instaurer pour eux un système de mentorat qui soit efficace.
    Ce qui, présentement, est loin d’être le cas.

  45. Gilbert Beaulieu
    5 novembre 2010 à 7:35

    Jean-Charles a bien raison en disant que l’éducation doit être centrée sur l’enfant (et j’ajoute sur l’adulte quand il s’agit de lui).

    Ce n’est pas d’aujourd’hui qu’il y a ce problème sur lequel on met enfin l’accent.

    Professeur d’anglais au secondaire 2 et 3, j’ai délaissé au début des année 70 l’enseignement régulier suite à l’ouverture de la polyvalente d’un quartier de Montréal où, pour des raisons purement bureaucratiques et techniques d’équilibre entre les trois niveaux d’alors (allégés, réguliers et enrichis), on avait aléatoirement redistribué les élèves sans prendre en compte le niveau de compétence acquise et leur maîtrise ou non de cette matière.

    Des élèves qui ne pouvaient même pas réussir l’examen de 7ème année du début des années 50 (terminale du cours primaire de ce temps qui culminait trois années d’enseignement de l’anglais) se sont retrouvés en grand nombre dans les classes enrichies, les classes dites allégées étant composées majoritairement des arrivants du secondaire 1. Imaginez leurs difficultés à absorber le sacro-saint programme (et celle de l’enseigner coûte que coûte selon les directives).

    Le statut et les besoins des jeunes n’étaient définitivement pas la priorité. Pourquoi alors maintenir l’enseignement de l’anglais dans ces circonstances?

    Je présume que la situation n’a pas tellement changé à voir les cabrioles que certains parents sont prêts à faire pour assurer la maîtrise de cette matière par leurs enfants.

  46. Alexandre
    5 novembre 2010 à 6:21

    Bonjour,

    Un bien beau projet que voilà. Par contre, j’espère qu’un autre côté à la médaille sera abordée dans les épisodes à venir, car, pour ma part, je sens en effet qu’il y a des problèmes dans l’éducation au Québec, mais j’y vois aussi des forces.

    Étant étudiant à l’université en 2e année, je suis la formation des maîtres et j’avoue que j’y vois certaines faiblesses. Néanmoins, mes cours jusqu’à présent ont vraiment changé ma perspective de l’enseignement. Je n’y ais pas encore vue ce que l’épisode 1 semble reprocher à la formation des maîtres dans un autre cadre que celui des stages où des enseignants plus ou moins motivés, sous la pression des superviseurs peu informés, nous forcent à la tâche d’une manière unilatérale. En d’autres mots, je doute fort que le problème fondamental se trouve dans les universités : s’il se trouve quelque part, c’est dans les étudiants (sans vouloir généraliser) et dans les enseignants (sans vouloir généraliser) qui opèrent en éducation.

    J’espère le mieux pour la suite de ce documentaire/blog à propos de l’éducation. J’espère aussi que ces vidéos ne seront pas la création d’un prêtre (voir Nietzsche) étouffé par une expérience personnelle. Gandhi a dit : « Sois le changement que tu veux voir dans le monde », il faut peut-être plus de travail et moins d’indignation.

    • Samuel
      10 novembre 2010 à 9:26

      Bonne chance et bonne désillusion pour tes deux prochaines années de bacc alors! 😛

  47. Alexandre Coulombe
    5 novembre 2010 à 6:06

    À quoi sert la déséducation? Ce projet pique ma curiosité. J’ai suivi ma formation en enseignement en même temps que Mathieu Côté-Desjardins, mais dans le programme du secondaire. Ce que je retiens du premier épisode et de son entrevue à TVA (une référence culturelle de savoir et d’esprit critique), c’est qu’il n’y a pas pour l’instant de ligne directrice. Est-ce un projet pour critique constructivement le système? Est-ce un exutoire?

    Il est difficile pour moi de concevoir qu’un programme d’enseignement au primaire à comme défaut de ne pas développer l’esprit critique des futures enseignantes à ce palier. Où est le besoin d’apprendre l’esprit critique aux enfants de 6 à 12 ans? Ils n’ont pas la capacité de le faire. Avoir un débat complet sur un sujet d’actualité n’est possible qu’en secondaire 4 ou 5 (10-11-12 années en Ontario).

    Que veut-on d’un enseignant du primaire? Apprendre à lire, à compter et à écrire. Par extension, développer un esprit créatif en art plastique, une conscience de base des sciences naturelles et une conscience environnementale. Le développement de compétences supérieures, c’est au secondaire et ainsi de suite. Pour ma part, apprendre à écrire, à lire et à compter à un enfant, je ne serais jamais capable.

    La nostalgie du passée n’aide en rien. Historiquement, l’éducation c’est quoi? De l’antiquité aux années 1960, c’est l’élitisme. L’élitisme monétaire des classes sociales. Le mot discipline rime avec violence. Années 1970-1980, c’est l’absence de sens disciplinaire. Aujourd’hui, c’est l’éducation pour tous. Ça rime avec la vision de la société. Était-ce mieux avant? Aucunement.

    Le programme d’enseignement ne fait pas exception. Une personne en médecine, une acovate, un ingénieur ne sont pas plus intelligent qu’un enseignant. La plupart du temps, le médecin est prétentieux ou incompétent au sujet de la communication. La plupart du temps, un avocat intimide. La plupart du temps, les années universitaires d’un ingénieur c’est la bière et les femmes. Pourquoi un enseignant doit être une surclasse ou une élite de perfection?
    L’esprit critique est un art. Il est impossible que tous l’aille. L’enseignement est dévalorisé. L’ennemi est la société. La société, ce sont toutes les personnes du Québec…

    • Garcia
      6 novembre 2010 à 3:22

      Ton texte est bien vrai, dommage que tu finisses en stéréoptypes ridicules tels que les médecins n’ont pas de sens de la communication et les ingénieurs ont passé leurs années d’université à boire. Dommage, tes idées étaient bonne, mais tu finis sur une note de totale ignorance qui te fait perdre toute crédibilité.

      • Alexandre Coulombe
        6 novembre 2010 à 7:16

        J’ai utilisé des préjugés dans le but de démontrer que le projet déséducation illustre des préjugés. La généralisation abusive va à l’encontre de l’esprit critique.

        Mathieu Côté-Desjardins parle d’esprit critique. L’esprit critique dont il n’est pas capable de prouver. L’esprit critique dont plusieurs commentaires ici est absente. Le vidéo tente de démontrer le manque d’esprit critique chez les nouveaux enseignants. L’esprit critique se gagne par des cours d’exploration, des cours de réflexion, dont celui de monsieur Descheneaux. Plusieurs commentaires ici font part de méconnaissances. On parle de perte de temps. De cours inutiles, car ils sont trop abstraits. Le vidéo se vaut un hommage à l’esprit critique. Toutefois, en entrevue à TVA, lorsque l’animateur a demandé des solutions, M. Desjardins a uniquement dit: « il faut arrêter de faire de la déséducation et commencer l’éducation ». (ce n’est pas les propos exacts, mais ce que j’ai retenu). C’est quoi la déséducation, c’est quoi l’éducation?

        Mais propos à la fin de mon premier commentaire était mal écrit. Je ne crois pas que je perd pour autant de la crédibilité. Il faut utiliser l’ironie dans la vie pour faire passer ses messages.

  48. Maryse Meunier
    5 novembre 2010 à 5:52

    J’enseigne depuis 20 ans en Adaptation scolaire. J’ai réussi à ne pas perdre mes idéaux, ni à l’Université, ni depuis… Je suis très, très idéaliste! Mais tout le reste est tellement vrai, particulièrement ce que disent Pierre Demers et Omar Aktouf sur notre statut de « techniciens du système », et quand on veut être plus, on dérange!!! C’est le rêgne du « Tu fais ça, comme ça, avec ce matériel-là, point final! »
    Si ça accroche, c’est ma faute. Je porte tous les mandats sur mes épaules: enseigner une matière, divertir, éduquer à la vie, ramasser les crises personnelles, règler l’absentéisme, règler le décrochage… Tout ça sans jamais qu’on me donne un temps significatif pour réfléchir et échanger avec mes collèges! Si l’école est bien un « milieu de vie » et qu’au secondaire, c’est le centre de la vie sociale des élèves, qu’on y trouve les ressources nécessaires pour assumer toute l’ampleur et la complexité de cette responsabilité!
    On me fais souvent sentir également que je dois faire réussir l’élève envers et contre tout, même en coupant de la matière essentielle… Je les aime mes élèves, moi, je pense qu’ils méritent que je les estime assez pour leur donner une vraie éducation, complète, solide. Je pense que de leur demander de s’engager, de se dépasser, c’est estimer qu’ils ont de la valeur.
    Et je suis en colère qu’on me dicte où les diriger, presque toujours dans des voies « de garage » quand je crois qu’avec un peu plus de flexibilité, ils pourraient se développer davantage.
    J’ai gardé mes idéaux, mais j’ai peur que ce soit davantage des utopies…

  49. Martin S
    5 novembre 2010 à 5:27

    Bonjour et bravo pour le beau projet.

    C’est intéressant de voir à quel point la qualité de l’enseignement au Québec souffre. J’ai une piste à vous suggérer: la très forte demande en enseignants au Québec. En effet, depuis quelques années, le Québec connais un véritable « Baby-boom » qui encourage les autorités à former plus d’enseignants, et n’importe qui ayant suivit un cours ou deux d’économie reconnaîtra qu’avec une variation positive de quantité (le taux de diplômation des enseignants) la qualité en souffre suivant la théorie des rendements marginaux décroissants.

    Une question donc pour l’auteur du projet:

    Si les sciences de l’éducation se donnaient dans un cadre strictement privé, pensez-vous que les standards au niveau des enseignants seraient assez augmentés pour compenser la perte du nombre d’enseignants diplômés?

    Quelle est la situation de l’offre d’enseignants au Québec par rapport à la demande? Est-il aisé de se trouver un emploi une fois diplômé? Si les disparités régionales sont importants, devrait-on privilégier la provenance du candidat au bacc. plutôt que ses performances académiques?

    M’enfin, je me fais l’avocat du diable! 😉

    Beau projet. Très intéressant.

  50. Émilie
    5 novembre 2010 à 5:25

    Je suis un peu ébranlée… Je trouve que l’idée est bonne, mais je ne suis pas certaine des moyens proposés. Moi aussi, je trouve que la formation que nous recevons comme futurs enseignants laisse à désirer sur plusieurs points. Par contre, je ne crois pas que les cours « techniques » évoqués dans cet épisode soient à bannir. Au contraire, je pense qu’ils doivent être présents. Toute fois, plusieurs de ces cours sont inutiles, en ce sens où les professeurs donnent l’impression de bâcler leur travail.
    Étant au bac en enseignement au secondaire, j’ai plus de la moitié de mes cours qui concernent l’enseignement au primaire. En cours de Développement socioaffectif de l’élève, le professeur nous a instruits sur le parcours psychologique de l’enfant en détail jusqu’à ses 12 ans et a à peine survolé en 3 ou 4 heures les années qui suivaient. Puis, plus aucun cours en psychologie… J’aime la psychologie de l’enfant, on comprend le processus qui a fait en sorte que l’enfant est devenu ce qu’il est, mais celle de l’adolescent me serait sûrement plus utile dans ma formation. Les cours techniques ne sont pas beaucoup mieux. En Gestion de classe et inclusion scolaire, j’ai eu plus d’information sur l’inclusion d’un enfant en difficulté au primaire qu’au secondaire. Je pense que les professeurs ne savent pas plus que nous comment procéder pour enseigner aux élèves du secondaire.
    Bref, est-ce que les étudiants en enseignement ne sont pas assez « brillants » ou est-ce que les universités ne savent pas comment répondre aux besoins des étudiants : leur fournir une formation utile pour leur carrière.

    Sur une autre note, je suis en accord avec le fait qu’il faille que les enseignants soient plus instruits que leurs élèves, mais je pense aussi qu’il faudrait que les cours spécifiques au domaine d’enseignement soient axés sur le fait que nous sommes de futurs enseignants et non de futurs géographes, historiens, mathématiciens, biologistes… Nous voulons des programmes créés sur mesure et non un ramassis de cours volés à d’autres programmes.

    • Yvan Dutil
      6 novembre 2010 à 6:56

      Dans le milieu universitaire, il est de notoriété publique que:

      -Les standards académiques exigés des futurs profs sont très bas.

      -Que leur programme de cours est ridiculement redondant.

      -Que les cours axés sur leur matière d’enseignement doivent être énormément édulcorés pour qu’ils arrivent à les passer.

      Il faut savoir qu’une bonne partie du programme de formation de l’enseignant a pour but de maintenir en place des postes de profs dans les départements universitaires concernés. Ceci explique cela.

      • Samuel
        10 novembre 2010 à 9:24

        Merci monsieur Dutil d’écrire tout haut ce que je pense tout bas en recevant les cours d’hurluberlus qui n’ont pas enseigné à des vrais adolescents depuis trente ans! :)

      • Hugo Gervais
        12 novembre 2010 à 1:48

        C’est mon expérience en effet. Sans surprise, la performance des futurs enseignants dans des cours de mathématique très allégés était médiocre – il n’aurait pas pu suivre les cours réguliers du bac de math.
        Je note que beaucoup de participants à ce forum se disant enseignant ne maitrisent pas le français. J’ose espérer que ce sont des canulars.
        J’aimerais que la pensée du directeur de ces web-docs se précise. Pour le moment, il me semble que tout est dit dès lors qu’on juge la sélection à l’entrée des programmes insuffisante. Tout en découle, il me semble.
        Je ne vois pas bien l’apport des animateurs de radio? Les syndicats : le symptôme plutôt que le mal.
        Mes pistes de solution : il faut créer un grade de professeur émérite avec des responsabilités de mentorat, créer la possibilité d’enseigner sans le brevet d’enseignement sur la base d’autres accomplissements académiques ou professionnelles, et enfin donner la possibilité aux institutions publiques de faire la même sélection d’élèves que le privé ou retirer à ces derniers une part de leur subvention. C’est- à -dire : briser la dynamique de nivellement par le bas.

  51. Cynthia
    5 novembre 2010 à 4:38

    Bravo pour avoir eu le courage de dénoncer ce qui se passe dans le système d’éducation, mais je suis du même avis que Tristan, c’est-à-dire j’espère que votre documentaire est de l’ordre de la critique constructive. J’en suis à ma troisième année de formation à l’université en éducation et je peux vous assurer que le degré réflexif et intellectuel des futurs enseignants à propos de leur formation est très critique. Je suis d’avis que sans le contact avec les jeunes lors de mes stages, j’aurais abandonné immédiatement ma formation et il est vrai qu’il y a dichotomie entre la formation et la pratique. Je m’interroge sur la censure (à propos de la réforme,des cours,etc.) que l’on nous fait subir dans l’institut du savoir. Dans les cours à l’université c’est la loi du silence et quand nous osons exprimer nos réflexions critiques sur ce que l’on nous apprend, nous sommes considérés comme les marginaux qui dérangent l’ordre d’un système rigide.
    J’entame bientôt mon stage trois au secondaire et je suis fière d’avoir réussi mon examen de français que j’ai refait trois fois. Pourtant, j’ai passé avec succès mon examen ministériel au secondaire, au cégep et l’examen d’entrée en éducation (89 %), donc je me questionne qu’est-ce qui n’a pas fonctionné lors de la passation du TECFÉE. Je ne suis point seule dans cette situation, malheureusement beaucoup de futurs enseignants exceptionnels ont décroché. Depuis 2008, je fais ma formation de façon autodidacte, c’est-à-dire en plus d’aller à l’université, je me forme pour la réalité par la recherche soutenue sur mon futur métier que j’adore. Je suis là pour sculpter l’esprit et pour réfléchir sur l’éducation et personne ne m’en empêchera même si je suis considérée comme dérangeante.
    Il est nécessaire de douter et de se questionner.
    « Je pense, donc je suis. »-Descartes

  52. Sabrina
    5 novembre 2010 à 4:26

    Projet très intéressant!

    Il est vrai qu’on apprend beaucoup plus sur le terrain que sur les bancs d’école. Je suis sortie de l’université il y a maintenant deux ans et j’ai très vite constaté que j’avais pas mal de croûtes à manger. J’ai survécu, mais bref, c’est une réalité à laquelle l’université ne nous prépare pas. Dans cette mesure, il devient très facile de se remettre en question, peut-être même trop facile. Je crois qu’aujourd’hui il faut avoir les nerfs et les reins solides pour entrer dans le domaine de l’enseignement.

  53. Nathalie Crête
    5 novembre 2010 à 3:55

    J’ai étudié en travail social, j’ai terminé mon bacc il y quelques mois. Bien que ce ne soit pas dans le domaine de l’éducation, il y a eu des ratés… Par contre je crois que les étudiants peu importe leur qualité première, cote R, Z et moyenne du cégep, ont le droit d’avoir accès à l’université. Je crois que tout étudiant doit s’investir dans ses cours en cherchant ce qui peu le faire cheminer personnellement. Malheureusement, il est rare qu’on trouve oreille et présence à nos questionnements.

    J’apprécie beaucoup les capsules et j’ai hâte qu’on propose des solution a la déséducation.

  54. Julie
    5 novembre 2010 à 3:44

    Épisode 1: La formation des enseignants. (Bip, Bip. Je me sens concernée)

    Monsieur Descheneaux, dans ce premier épisode, dit que les universités acceptent à peu près n’importe qui dans leurs programmes d’éducation. Pourtant, le programme d’enseignement de l’art dramatique que je suis en train de suivre à l’Université du Qc à Montréal est très contingenté, il ne peut y avoir plus de 23 étudiants par année et nous devons passer un examen de culture générale, une audition et une entrevue pour y être admis. Malgré tout, il est vrai que, même après cette sélection, il reste encore des futurs enseignants non motivés qui n’ont pas leur place.

    Pour ma part, je trouve la formation assez bonne (sauf quelques cours qui pourraient très bien être supprimés), car nos professeurs ne nous obligent pas toujours à nous conformer au programme du MELS et posent un regard critique sur le système scolaire. Je peux peut-être me tromper, mais je crois que la formation spécifique en enseignement des arts est mieux faite que celle en sciences de l’éducation (du moins, celle de certaines universités). Il y a une grande place pour la créativité et nous n’apprenons pas seulement UNE technique universelle que tout le monde doit copier.
    Difficile à croire, mais je n’ai pas hâte que mes 4 ans soit terminés.

  55. Simon
    5 novembre 2010 à 2:54

    Le projet « La déséducation » me semble intéressant en soi. J’ai bien aimé les séquences d’animation. Par contre, si je peux me permettre, il m’apparaît que le documentaire rate en bonne partie sa cible en ne désignant pas clairement ce qu’il cherche à dénoncer. Il est bien beau d’entendre crier haut et fort quelques enseignants et autres spécialistes du sujet (mais que vient faire Benoit Dutrisac dans tout cela?), mais encore faut-il savoir sur quoi porte la colère. Pourquoi ne pas avoir d’abord présenté en quoi consiste la formation des enseignants? Avant de déconstruire, ne faut-il pas connaître la matière soutenant l’édifice?
    Pour résumer, j’ai l’impression d’avoir assité, avec ce premier épisode, à une dénonciation maladroite. Si la déséducation est un démontage, il faut, je le répète, en premier lieu montrer qu’est-ce que son contraire, l’éducation. À partir de là, quelque chose peut s’étoffer.

    • Émily
      11 novembre 2010 à 12:59

      Complètement en accord avec vous!
      Que dénonce-t-on exactement?
      Au sortir de ce premier épisode, ce n’est vraiment pas clair!

  56. claude
    5 novembre 2010 à 2:17

    Bien vrai, on n’apprend rien dans ses universités sauf prendre de la bière…avant de faire x réformes, on devrait en faire dans les programmes que les universités donnent. Se mettre à jour c’est bon pour tous.

  57. Catherine
    5 novembre 2010 à 11:16

    Quel bon épisode! Étant moi-même en fin de bacc. en enseignement, je peux témoigner de l’inutilité de certains, pour ne pas dire la majorité, de nos cours. Pour reprendre l’intervention d’un des individus du documentaire, il est vrai que nous ne sommes pas préparés à la réalité qui nous attend. Est-il normal que nous n’ayons, à l’Université de Montréal, qu’un seul cours de gestion de classe alors que nous savons très bien que c’est là la plus grande lacune de la plupart des nouveaux enseignants? Est-il justifiable que le cours portant sur les élèves en difficulté soit un cours à option, sachant que de plus en plus d’élèves HDAA sont intégrés en classes régulières? L’intégralité du programme d’enseignement est à revoir! Pour ce qui est de la remise en question des conditions d’admission dans les programmes universitaires en enseignement, peut-être que si la profession enseignante était plus valorisée et que l’on comprenait, comme le disait M.Dutrizac, que les enseignants ont un rôle primordial dans la société, on pourrait alors exiger de répondre à des critères beaucoup plus élevés lors de l’admission au bacc. Dans l’état actuel des choses, où nous nous faisons dire illico, quand nous mentionnons notre domaine d’études, que  »ça va en faire un autre pour se pogner le beigne deux mois par année », et où on sait qu’une proportion grandissante de nouveaux enseignants font un changement de carrière après trois ans seulement dans la profession, je ne crois pas qu’on peut se permettre de perdre certains futurs  »profs » motivés sous prétexte que leurs résultats scolaires ne font pas partie de l’excellence.

  58. Sébastien
    5 novembre 2010 à 10:39

    J’ai passé 4 années sur les bancs universitaires de l’UQAC, sans jamais avoir de base philosophique digne de ce nom du concept même d’éducation. J’ai même passé un 45 heures complets à faire du collage, un espèce de cartable de montage de compétences transversales qui était aussi proche de la réalité de l’enseignement que le Soleil de la Lune, le tout, dans un cours dit de « pédagogie », le dernier de nos 4 années de formation, le plus important de tous. Des cours de pédagogie ou (accent, je ne le trouve plus) nous étions invité à ne surtout pas réfléchir, mais à mettre en branle la réforme.
    Nous devions être des techniciens qui allaient mettre en pratique les dogmes des technocrates.
    M. Omar Aktouf dit tellement vrai.

  59. Daniel Niquette
    5 novembre 2010 à 9:57

    Ahurissant!
    J’approche la cinquantaine et mes parents étaient tous deux enseigants des années 50 à 80.
    À cette époque, les enseignants étaient respectés de leurs élèves et de la société en général.
    Il y a urgence de rétablir la situation sinon dans quelques années, lorsque ceux ayant encore une vision de ce que doit être l’enseignement n’y seront plus, qui pourra rallumer la flâme et former des maîtres plutôt que des technocrates de l’apprentissage [transversal ;)]?

    • Denis Bouchard
      15 novembre 2010 à 10:58

      Commentaire très pertinent! (d’un enseignant suppléant depuis 5 ans). Bonne journée!

  60. Tristan
    5 novembre 2010 à 9:53

    Ça fait 4 ans que j’ai terminé mon baccalauréat en éducation et j’enseigne au primaire. J’en ai complété un autre dans un domaine de science.

    Je salue cette idée qui est celle de dénoncer certains aspects aberrants de la formation en enseignement, mais je m’inquiète du message qui ressort du clip vidéo que je viens de visionner. J’espère que votre travail ne servira pas à miner la crédibilité des gens qui pratiquent ma profession. Il est vrai qu’il existe des cours dont l’utilité est discutable durant les 4 ans de formation qui mène à l’obtention du diplôme en enseignement. À la sortie de l’université, il est vrai que j’avais l’impression de ne pas avoir retiré grand-chose de ma formation, mais les 4 années de recul que j’ai maintenant me permettent d’y voir plus clair. Il est vrai de dire que beaucoup de cours universitaires visent l’acquisition de savoirs techniques, mais ceux-ci ne sont pas tous aussi inutiles qu’ils peuvent le paraître. Je pense particulièrement aux cours qui touchent à la gestion de classe. Ils sont probablement les plus utiles de tous ceux que j’ai suivis et j’ai recours à plusieurs techniques que j’en ai tiré d’une façon quotidienne.

    Parce que j’enseigne en première année, j’ai du mal à croire que les gens qui sortent d’un baccalauréat en enseignement puissent affirmer qu’un cours de didactique de l’écriture et de la lecture, par exemple, est inutile. L’apprentissage de l’écriture et de la lecture est garant du succès d’un élève pour tout son parcours scolaire. Personnellement, je trouve qu’il est essentiel pour un futur enseignant, qu’il soit mis au courant des avancées de la recherche dans les domaines qui touchent sa profession. Par la suite, ce sera à lui de se faire sa propre idée de ce qu’il trouve pertinent et qu’il désire conserver lors de la pratique de sa profession.

    J’ai une certaine difficulté avec les propos de Frédéric Deschenaux, alors qu’il affirme que les critères d’admission établis pour l’entrée en éducation ne sont pas assez élevés. Pour moi, il est insultant de laisser croire que le niveau académique, culturel et intellectuel des étudiants admis en éducation est à l’origine d’une piètre formation. Au moment où on claironne qu’il manque d’enseignants et que la gente masculine est sous représentée dans le milieu de l’éducation, j’ai hâte de voir si au final, le message que vous tentez(tenterez) de nous envoyer sera de l’ordre de la dénonciation et de la plainte ou permettra une ouverture constructive.

    Finalement, je me questionne à savoir s’il est possible que l’auteur de ce site n’ait pas encore beaucoup de recul fasse à la formation qu’il vient de compléter. Le fait de retrouver des cours universitaires plus ou moins utiles à la pratique d’une profession se retrouve certainement dans le cursus de tous les domaines de formation. Une fois de plus, faites attention de ne pas faire en sorte de donner mauvaise presse à une profession qui n’est déjà pas tellement bien considérée et dans laquelle beaucoup de gens se donnent corps et âme pour permettre le succès de leurs élèves! Oui il est vrai que la formation des enseignants n’est pas parfaite, mais restons critiques.

    • Clément
      13 novembre 2010 à 1:38

      À propos de la culture…

      Monsieur Marcotte dit que les jeunes manquent de culture… Je l‘ai constaté en recevant des stagiaires. Les jeunes ne sont pas là pour la connaissance et n’ont pas d’intérêt pour la culture du dépassement… ni la culture Danger de généralisation extrême. J’ai été le jeune de la génération précédente! Aristote tenait le même discours…

      Parmi les trois stagiaires que j’ai accueillis dans la classe, une seule correspondait aux caractéristiques que décrit monsieur Marcotte.
      Cependant Reboul, philosophe de l’éducation, ne questionnait-il pas la culture à être enseignée ? Est-ce très important de connaître le Cid de Corneille? Les œuvres de Cervantès? La littérature grecque? Les rois d’Angleterre? L’histoire de la Pucelle d’Orléans? L’histoire des guerres du Péloponèse? Les traditions des peuples de la Polynésie?
      Qui d’entre vous savez qu’il existe deux parlements au Canada où les membres du gouvernement sont assis à la gauche du Président de la chambre à l’inverse du Québec et des autres provinces. Sauriez-vous les nommer et expliquer pourquoi? Cette anecdote est vraiment importante pour moi… surtout quand j’explique la démocratie.

      Évidemment il y a une base, une culture commune à tous. Mais laquelle?

  61. Jean-François R.
    5 novembre 2010 à 9:52

    Les universités voient l’étudiant comme une possible entrée d’argent. Par conséquent, ils permettent l’admission de plusieurs « futurs enseignants » et ensuite, ceux-ci n’ont seulement qu’à passer des cours universitaires trop faciles dont la moyenne est souvent près de B+. Pourquoi? Parce que l’entrée d’argent n’arrive que lorsque l’étudiant devient diplômé. Donc, un étudiant qui ne passe pas ses cours, n’est pas un étudiant payant. Beau système!

    P.S : Mathieu, très belle réalisation. C’est meilleur que les productions que nous avons faites en Langages médiatiques. J’ai hâte de voir le reste.

    • Maxime L.
      6 novembre 2010 à 4:19

      Notez toutefois que la direction du BÉPEP(je parle ici pour l’UL) n’est pas nécessairement en accord avec le fait d’accepter un plus grand nombre d’étudiants (et donc de baisser le niveau d’admission). C’est plutôt une obligation qu’ils ont pour respecter les « quotas » de l’université. Néanmoins, le résultat final est le même.

      IL faut donc blâmer les universités plutôt que les programmes en tant que tel. Bien sur, chacun a son rôle à jouer. Il en va de chacun de trouver sa place et d’avoir le rôle qui lui convient!

  62. Emmanuel
    5 novembre 2010 à 8:01

    Bravo, j’ai hâte de voir la suite. Bien entendu, je me doute un peu de ce qui s’en vient. Je suis ingénieur et je me suis intéressé à l’enseignement, je crois énormément aux idées et le pourquoi des choses. Sans entrer dans les détails, je me sentais plus utile pour la société en tant que prof qui partageant sa connaissance que comme un employé travaillant pour l’entreprise privée… ma passion, mes convictions d’enseigner se sont arrêtées lors d’une entrevue dans un Cégep à Québec. On m’a demandé « Pour vous, c’est quoi bien enseigner? Comment y arriverez-vous? »

    J’ai naïvement répondu que « C’est quelqu’un qui communique sa passion pour le sujet qu’il enseigne et qui, par l’exemple, montrer comment on fait pour apprendre ce sujet en l’approfondissant et questionnant le sujet avec eux. »

    On m’a regardé comme si j’étais un extra-terrestre.

    Le mot « buraucrates » m’est venu à l’esprit à ce moment mais n’a pas traversé mes lèvres, je me suis gardé une petite gêne. Je me doutais qu’ils s’attendaient à ce que je leur parle de pédagogie et de techniques d’enseignement, techniques d’évaluations etc… parce que ça faisait parti les questions qu’ils m’ont posés. Il ne se sont même pas intéressé à savoir, moi qu’est-ce qui m’intéressait! À mon avis, c’est la meilleure question à demander à un enseignant pour voir s’il est bon… s’il vulgarise bien et s’il sait garder l’intérêt.

    Je pense qu’on parvient à faire des choses d’abord et avant tout par sa passion, la connaissance et la culture d’un sujet en particulier nous aide éviter certains pièges techniques et approfondir une problématique plus rapidement. C’est très important, mais ce n’est pas une fin en soi. J’ai été vraiment déçu de constater que les gens qui prennent les dicisions pensent autrement.

    Je suis content que vous ayez pris l’innitiative de montrer publiquement ce que vous pensez. Vous avez mon support.

  63. Anne-Marie
    5 novembre 2010 à 7:19

    J’enseigne depuis quelques années au secondaire (contrats à court terme, suppléance) sans pourtant avoir le brevet (j’ai un bac en sociologie). Évidemment, ça ne me donne aucune chance d’obtenir un poste permanent ni de figurer sur aucune liste de priorité. J’ai songé plusieurs fois à retourner sur les bancs d’école pour obtenir la formation de maître. Mais je pressentais ce que me confirme le premier épisode de cette série. Triste constat.

    Mais une chose me réjouit et me réconforte, c’est que je sens dans le propos de M Côté-Desjardins qu’il y a, dans le merveilleux monde de l’éducation, beaucoup de place pour des gens comme moi qui aiment enseigner, transmettre des connaissances et une passion d’apprendre. Pas une place administrativement parlant, mais moralement, oui. Je continuerai d’apporter à ces enfants ma maigre contribution, et j’entends bien suivre avec attention les prochains épisodes de cette série nécessaire. Enfin un peu de réflexion dans l’air.
    Il ne reste plus qu’à convaincre les femmes, qui forment la majorité du corps enseignant, et presque la totalité au primaire, de participer au débat. J’ai entendu M Côté-Desjardins en entrevue dire qu’il avait eu du mal à les faire parler pour son film. Ce serait désolant qu’elles ne participent pas au débat virtuel en plus.

  64. Patrick
    5 novembre 2010 à 5:56

    Aussi, as-tu déjà pensé comparer avec le système de formation de l’Ontario? Là-bas, on fait un bacc dans une matière de notre choix (qu’on désire enseigner comme science, art, etc.) et ensuite on suit une formation d’appoint d’une année seulement. Alors en sortant de l’université, ça nous a pris 5 ans (un bacc+1 ans en éducation), mais on possède une formation de professeur et aussi une autre formation qui est biiiiiien appréciée si jamais le nouveau professeur décide qu’il est tanné d’enseigner. Je me demande si cette formation de 1 ans n’est pas une version « condensée » et plus utile que celle de 4 ans au Québec.

    • Patrick N
      5 novembre 2010 à 9:40

      @ Patrick

      Ce genre de formation qui existe en Ontario et partout en Amérique du Nord existait aussi a Bishop’s (et probablement à Concordia et McGill) jusqu’à il y a 7-8 ans environ. Les merveilleux fonctionnaires du MELS dans toute leur sagesse et compétence ont forcé l’Université à se conformer a un progamme de pédagogie standardisé et ce, malgré le fait que l’éducation est offert à Bishop’s depuis plus de 100 ans (et avec beaucoup de succès). Bravo MELS!

      Pour ce qui du vidéo en tant que tel, je dois soulever deux points. Le premier à trait à la formation de techniciens à l’université. Je dois souligner que c’est surtout un problème québécois. Pour être plus précis, c’est l’apanage des universités québécoises francophones, en particlulier les plus récentes (le réseau UQ + U. de Sherbrooke). Demandez aux gens qui ont étudié dans les universités anglophones et, peut-être à l’U. de Montréal s’ils pensent qu’ils sont des techniciens ou des universitaires pour voir…

      Mon 2ème point est en lien avec la structure du financement des universités et la guerre du recrutement entres elles. Les universités sont de plus en plus forcés de niveler par le bas pour réussir à attirer une clientèle (à laquelle le financement est rattaché) de plus en plus rare, diversifiée et, faut bien l’avouer, paresseuse. Dites-vous que plus une université crée de nouveaux programmes ou des programmes ‘innovateurs’, ou si celle-ci fait du marketing agressif, plus cette université s’éloigne d’une vraie formation universitaire. Vous remarquerez que ces nouveaux programmes sont toujours plus spécialisés et souvent pratico-pratiques. On forme donc des techniciens.

      • Clément
        13 novembre 2010 à 1:31

        Ceux qui comparent la formation de 4 ans à la formation 1 an disponible en Ontario devraient savoir que celle-ci est disponible pour le secondaire seulement et non pas pour le primaire.
        De plus ce n’est pas dans toutes les provinces anglophones qu’on la donne.
        La plupart du temps, il faut 2 ans pour obtenir un bacc en Éducation après un premier bacc. de 4 ans. Le premier baccalauréat doit être pris dans deux matières qui peuvent s’enseigner, majeure en français et mineure en histoire par exemple car bien souvent les enseignants du secondaire ont deux spécialités. Certains déplorent la spécialisation de la formation mais en même temps on est toujours dans un schème de spécialisation surtout pour enseigner au secondaire. N’est-ce pas contradictoire?
        Ce qui n’est pas le cas au Québec… l’enseignant de français n’enseigne que le français du moins pour les enseignants qui ont plus d’expérience et qui ne sont pas soumis aux compléments de tâche.

        De plus combien d’enseignants et enseignantes considèrent le bacc comme terminal, ne s’inscriront jamais à la formation continue et sont allergiques aux formations offertes dans les CS
        et ont l’aval des syndicats.

    • Jennifer
      5 novembre 2010 à 4:46

      Pour répondre à cette question, une amie et moi avons fait nos études en enseignement au Québec, donc un bac de 4 ans et nous travaillons maintenant en Ontario avec des gens qui ont fait leur « Collège des enseignants », soit un an d’études en enseignement. Ce qui ressort de nos observations et des commentaires que nous avons toutes les deux reçues, c’est que nous sommes beaucoup mieux préparées à affronter la réalité enseignante que ceux qui ont étudié ici. Grâce à nos nombreux et différents stages, nous avons été en contact avec la plupart des aspect de la profession et nous avons déjà une bonne idée de comment y faire face. Par contre, nos collègues Ontariens semble désamparés devant la lourdeur de la tâche et surtout tous les petits aspects qui en font partie et pour lesquels personnes ne les a préparé.

      J’ai moi aussi passé 4 ans a trouvé que mes cours étaient tous similaires et très souvent inutiles, mais en bout de ligne, ils nous auront au moins permis d’être plus en contrôle que nos collègues.

    • Christine
      6 novembre 2010 à 9:23

      J’ai fait mon bacc. de trois ans au Qc et je suis allée faire mon bacc. en enseignement en Ontario. Effectivement l’année de pédagogie était très condensée et vraiment intéressante. Par contre, les étudiants qui veulent être admis doivent être forts académiquement et satisfaire à différents critères. La sélection est beaucoup plus stricte qu’au Qc. Donc tu perds moins de temps, il n’y a pas de cours inutile et les étudiants ne sont pas découragés en sortant.
      Bref si c’était à refaire…!
      Évidemment le Ministère de l’Éducation du Québec exige que les enseigants soient sous évaluation durant une période de 600 heures (par une direction d’école) afin de s’assurer de leur compétence (comme ils n’ont pas étudié au QC!). Ils doivent aussi compléter leur éducation par 5 cours universitaires du Qc que le Ministère aura choisi…

  65. Guy Giard
    5 novembre 2010 à 5:52

    Que vous avez donc raison! Aujourd’hui, les programmes et les méthodes sont élaborés par des personnes qui n’ont aucune expérience en éducation ou passées de mode, qui se pensent le nombril du monde. Ceux qui sont directement concernés n’ont pas droit de parole. Analogie: Ce sont des médecins qui opèrent les grues et les grutiers qui opèrent les malades. Tous les deux ont les compétences pour opérer. C’est notre ministère de l’éducation.
    Merci de m’avoir lu.

    Guy

  66. Jean-Pierre Lavoie
    5 novembre 2010 à 8:41

    Bon épisode! J’ai constaté la même chose dans mon cursus scolaire, le même nivellement par le bas, la même « non-vision » dans le monde de l’éducation.

    Ce qui est décourageant est le manque de valorisaton de l’éducation dans notre société.
    J’ai fait mon cours de génie à l’université et le français des étudiants étaient très médiocre. La culture générale aussi. Je connais un petit adolescent de 15 ans qui a tout simplement décidé d’arrêter d’aller à l’école et le système et les parents le laissent faire. Il traine maintenant dans la rue et à la maison. Bravo pour le je-le-m’en-foutisme!

    Il faudrait que les gens responsables de l’éducation se réveille enfin après quelques décennies de stagnation. Nos enfants sont notre première richesse et si on continue à ne pas leur permettre de s’épanouir et de se former adéquatement, nous allons continuer à récolter de la grande médiocrité et nous les handicaperons pour l’avenir. Réveillons-nous enfin et pensons à autre chose qu’aux canadiens de Montréal.

    • 12 novembre 2010 à 12:43

      J’ai terminé mon bac en 1982 et je vois que les mêmes récriminations sont vivantes. Les seuls cours qui à l’époque avaient allumés ma flamme étaient ceux de fondement de l’éducation, ceux de sociologie et ceux du développement de l’enfant. Beaucoup de cours pour montrer comment enseigner le français et les mathématiques (un des cours de didactique des maths étaient intéressants) et c’est tout. Je n’ai eu aucun cours de politique aucun cours de sur le développement des sociétés, j’ai dû m’informer par moi-même.

      J’ai fait beaucoup de formation autodidacte par des lectures des plus intéressantes et qui m’ont appris beaucoup plus que les trois années de mon bac. Et oui heureusement pour moi, à l’époque le bac ne durait que trois ans. Je n’envie pas les jeunes aujourd’hui.

      Et si la formation des jeunes ne correspond pas à ce que l’école a de besoin, il faudrait peut-être questionner ce fameux plan quinquennal des universités afin qu’il s’accorde mieux avec les changements de programme du mels. Mais la encore, il faut se questionner sur ce que le ministère de l’éducation, du loisir et du sport(????????) demande aux enseignants. mais cela relève d’ un autre sujet.

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